Cette initiative de prévention en littératie permet la remise de 147 039 livres jeunesse neufs à des enfants de 0 à 12 ans vivant en milieux défavorisés, grâce à la mobilisation d’alliés à travers le Québec. Dans les Laurentides, 5 397 ouvrages ont été distribués.
En favorisant l’accès aux livres et le plaisir de lire dès l’enfance, le programme s’inscrit dans une approche de prévention visant à soutenir la réussite éducative à long terme. Selon la Fondation, plus un enfant est mis en contact tôt avec le livre, meilleur sera son rapport à la lecture tout au long de sa vie. Aimer lire aide à mieux réussir à l’école.
Votre hebdo s’est entretenu avec Patrick Lutzy, président du conseil d’administration de La Fondation pour l’Alphabétisation, qui note une belle évolution au fil des années dans le programme La lecture en cadeau : « Il y a une dizaine d’années, on était à 25 000, 30 000 livres. On a connu, au fil du temps, une très grande progression ».
Au Québec, près de 47 % des jeunes âgés de 16 à 24 ans présentent un niveau de littératie insuffisant pour répondre aux exigences de la vie quotidienne, des études et du travail. « Les gens sont capables de lire, mais ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent. Ils ne sont pas capables de se [résumer] ce qu’ils lisent », souligne Lutzy. Pour les adultes, on parle de 52 %.
Comment les livres sont-ils recueillis et distribués ?
La Fondation cible les établissements les plus défavorisés de chaque région, notamment en recourant à l’indice de milieu socioéconomique (IMSE), calculé par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. Les groupes d’enfants récipiendaires sont ensuite choisis selon la disponibilité des livres par groupe d’âge et de manière à assurer une répartition équitable. Les livres sont toujours distribués à un groupe d’enfants, une classe par exemple, pour ne pas stigmatiser les enfants les plus défavorisés du groupe.
Les livres doivent respecter quelques critères pour être éligibles, soit d’être neufs, de s’adresser à des enfants de 0 à 12 ans, ils doivent être en français ou en anglais et être amusants. Par exemple : bandes dessinées, albums illustrés, livres cartonnés ou plastifiés, petits romans, livres sur les animaux ou les insectes, ou livres animés. Pour un enfant issu d’un milieu défavorisé, ce livre est souvent le premier livre neuf qu’il reçoit. L’enfant apprécie d’autant plus la valeur d’un livre neuf, surtout dans un contexte où ce livre a été choisi spécialement pour lui par un donateur inconnu. Pour les livres usagés (donc inéligibles), l’organisme encourage les gens à les envoyer dans leurs centres communautaires, dans des organismes de dons de vêtements et d’articles usagés ou encore dans des croques-livres.
Les autres programmes de la Fondation
Le programme Info-apprendre offre un service d’aide, d’écoute et de référence en éducation afin d’orienter les personnes vers les meilleures formations au Québec selon leurs besoins. Des milliers de Québécois y trouvent un accompagnement pour développer leurs compétences professionnelles.
Le service Info-Alpha, pour sa part, soutient les adultes éprouvant des difficultés en lecture, en écriture et en calcul. Environ 600 ressources en alphabétisation et en formation de base, issues des secteurs public et communautaire, sont répertoriées afin de diriger les demandeurs vers les organismes appropriés dans les différentes régions.
Chaque année, les bourses Retour réussite, soutenues par la Fondation Desjardins, récompensent 20 apprenants ayant repris leurs études. Depuis leur création, 125 lauréats ont reçu un total de 165 000 $.
L’initiative Enrichir s’adresse aux travailleurs adultes et aux organisations souhaitant promouvoir l’apprentissage en milieu de travail. Finalement, le programme interne Alpha réussite permet de mener des études sur l’alphabétisation et la littératie au Québec. Ces travaux portent également sur divers enjeux connexes, notamment les retombées économiques et des analyses comparatives à l’échelle canadienne.

MOTS-CLÉS
Jeunesse
Fondation pour l'alphabétisation
La lecture en cadeau
Patrick Lutzy