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53 municipalités et MRC s’unissent pour accélérer la transition écologique

Photo Thomas Dufresne – Sommet des Laurentides : Les élus veulent sortir du chacun pour soi

53 municipalités et MRC s’unissent pour accélérer la transition écologique

Publié le 05/11/2026

Le 26 octobre, au Théâtre des Patriotes de Sainte-Agathe-des-Monts, 53 municipalités et MRC ont adhéré à l'Accord des Laurentides, réunies autour d'une volonté commune de protéger les milieux naturels, d'améliorer la mobilité et de renforcer la résilience des collectivités.

Plus de 350 participants provenant d’une cinquantaine de municipalités et MRC, d’organismes et d’institutions des Hautes et Basses-Laurentides ont pris part à cette première édition du Sommet des Laurentides. L’événement, coprésidé par le scientifique en chef du Québec, Jérôme Dupras, et l’ancienne députée d’Argenteuil, Agnès Grondin, marque l’aboutissement d’une démarche de concertation amorcée à l’hiver 2025.

L’objectif est de mettre fin au travail en vase clos des administrations municipales en favorisant le partage de leurs connaissances, de leurs ressources et de leurs expériences, notamment par l’organisation de rencontres mensuelles.

« Les efforts d’une ville portent mieux quand ils s’arriment à ceux de ses voisins, qu’on parle de transport, de protection de la nature et de l’eau, d’adaptation aux changements climatiques ou d’économie », déclarent conjointement Rémi Barbeau, maire de Saint-Jérôme, et Karine Dostie, mairesse de Wentworth-Nord et préfète suppléante de la MRC des Pays-d’en-Haut.

Sur une scène, cinq intervenants assis dans des fauteuils participent à une table ronde, micros et tables devant eux
Photo Phoeby Laplante – Plus de 350 participants provenant d’une cinquantaine de municipalités et MRC, d’organismes et d’institutions des Hautes et Basses-Laurentides étaient présents à ce premier Sommet.

Quatre chantiers prioritaires pour les Laurentides

L’Accord repose sur quatre grands domaines d’intervention : la protection de l’eau et des écosystèmes naturels, la mobilité durable, l’économie sociale et la gestion des matières résiduelles, ainsi que la résilience des milieux de vie.

La démarche prévoit notamment la constitution d’un registre de « pratiques phares partagées », comme la réglementation des feux d’artifice, l’écocontribution ou la plantation d’arbres.

Pour Frédéric Broué, maire de Sainte-Agathe-des-Monts, et Marie-Élaine Pitre, mairesse de Rosemère, cette collaboration doit aussi permettre de réduire les disparités entre les petites et les grandes administrations.

« Un village de quelques centaines d’habitants n’a pas les mêmes moyens qu’une ville, mais il fait face aux mêmes inondations, aux mêmes routes à entretenir et aux mêmes milieux naturels à protéger », soulignent-ils.

L’Accord des Laurentides ne prévoit pas d’imposer les mêmes obligations à toutes les municipalités, mais les engagements pris devront néanmoins être précis, assortis d’un échéancier et accompagnés d’indicateurs permettant d’en mesurer les résultats. Un bilan annuel sera publié pour évaluer leurs progrès.

Malgré l’enthousiasme exprimé par les participants, l’Accord des Laurentides demeure une démarche volontaire. Les municipalités participantes conservent leur autonomie dans le choix de leurs engagements et peuvent se retirer de l’initiative.

Un partage d’études et d’expertises spécialisées est prévu pour réduire les coûts liés à la préparation de règlements, à la réalisation d’études environnementales et à l’embauche de ressources spécialisées.

Au-delà des municipalités

Au-delà de la collaboration intermunicipale, les élus souhaitent que cette mobilisation régionale leur permette d’exercer une plus grande influence auprès des gouvernements provincial et fédéral.

Rémi Barbeau a notamment fait valoir qu’une région capable de définir ses priorités communes peut présenter des projets plus cohérents aux différents ministères.

« Un dollar investi dans les Laurentides, c’est un dollar qui est déjà réfléchi. C’est un dollar qui va avoir une retombée beaucoup plus grande », a-t-il soutenu.

Le maire de Saint-Jérôme a également rappelé que les enjeux environnementaux dépassent fréquemment les frontières municipales, notamment ceux liés à la rivière du Nord, aux bassins versants, à la protection des forêts et à la prévention des inondations.

Les jeunes mis en vedette

Invitée par le conseiller de Prévost et animateur du Sommet Joey Leckman, une délégation d’élèves a présenté un sondage réalisé auprès de 352 jeunes Laurentiens, dont les résultats indiquent que 68 % des répondants souffrent d’écoanxiété et que 78 % jugent que leur municipalité ne met pas assez d’énergie dans la lutte contre les changements climatiques.

« La responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur notre génération. Nous souhaitons motiver et inspirer, mais les décisions majeures doivent venir des élus et de la société dans son ensemble », dit Frédéric Prudhomme, élève à l’École polyvalente des Monts et impliqué au conseil étudiant de son établissement.

De leur côté, Alec Lafrance, étudiant au privé, et Louis-David Le Rondeau, étudiant au Cégep de Saint-Jérôme, insistent sur le fait que, malgré d’autres enjeux importants comme le logement, l’environnement doit rester une priorité, car les conséquences du réchauffement climatique pourraient rendre les autres problèmes secondaires.

Un deuxième sommet est prévu pour l’année prochaine afin d’évaluer l’évolution des actions municipale