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«Ça va prendre quoi pour faire entendre le bon sens aux dirigeants de la commission scolaire», se questionne Christian Aubin. Photo Mychel Lapointe

Guylaine Desroches, directrice générale de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord.

Atteinte à la dignité et la réputation: des enseignants mettent en demeure un élève et des parents

Mathieu Locas
Le ton a monté, le 28 janvier dernier, à la rencontre des délégués syndicaux du Syndicat de l’Enseignement de la Rivière-du-Nord. Les membres ont discuté de deux cas de violence envers des collègues.
Presque au même moment, deux enseignants d’une école secondaire de Saint-Jérôme faisaient parvenir une mise en demeure à un élève de 18 ans, ainsi qu’aux parents de deux élèves de 15 ans. Les profs demandent réparation pour atteinte à la réputation et à la dignité. Si la partie défenderesse ne répond pas d’ici ce vendredi, le 7 février, des poursuites civiles seront déposées.
«Les enseignants ne se sont pas tournés vers les tribunaux pour faire de l’argent, précise le président du syndicat Christian Aubin. C’est une question de principe et surtout de jurisprudence. Nous sommes tannés de subir des actes de violence physique ou psychologique et que la direction de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord demeure les bras croisés».
Bon pour la cote
Rappelons les faits, mis au jour dans l’édition du 15 janvier du Journal Infos Laurentides.
Peu avant les fêtes, un élève de 18 ans se rend au Carrefour du Nord, dans un kiosque d’impression de vêtements. Il fait apposer la photo d’un de ses enseignants masculins sur le devant d’un t-shirt. Au-dessus de la photo, il fait inscrire le nom de famille d’un autre professeur masculin ainsi que le mot «suce».
Une fois en classe, un des enseignants impliqués se rend compte que l’élève portait le chandail, sous son vêtement de la gamme obligatoire à l’école.
Les enseignants découvrent que deux autres élèves de 15 ans arboraient le même chandail. La direction de l’école a suspendu les trois jeunes qui sont de retour en classe depuis.
Exaspérés du mauvais comportement de l’élève de 18 ans, au fil des années, les enseignants voulaient qu’il termine son cheminement secondaire à la formation aux adultes. Ils estimaient que ce geste était la goutte qui avait fait déborder le vase.
Selon le président du syndicat, la direction a agi ainsi, car «c’est bon pour la cote de la commission scolaire qu’un élève, qui a déjà doublé, obtienne son diplôme d’études secondaires en demeurant dans le cheminement normal».
Bras tordu
L’autre cas de violence remonte également à l’automne dernier. Une enseignante de 4e secondaire s’est fait tordre un bras par une élève puisqu’elle lui avait confisqué son cellulaire.
«Cette fois, la direction de l’école a dit que l’élève ne changerait pas d’école si son cheminement scolaire était en danger. Nous avons dû manifester pour gagner notre point. Mme Desroches (Guylaine, DG CSRDN) est obnubilée par le taux de diplomation. Il n’y a que ça qui compte au détriment de la qualité de vie des enseignants. Ça va prendre quoi pour faire entendre le bon sens aux dirigeants de la commission scolaire», de conclure Christian Aubin.

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