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Au Phénix, des femmes qui se relèvent ensemble

Photo Marie Pier Lafleur – Au Centre le Phénix, des femmes se retrouvent. Elles y trouvent sécurité, écoute et stabilité pour reconstruire leur vie à leur rythme.

Au Phénix, des femmes qui se relèvent ensemble

Publié le 08/03/2026

Quatre voix du Centre le Phénix racontent comment sécurité, écoute et solidarité permettent aux femmes de retrouver stabilité et dignité.

Le Centre le Phénix accueille des femmes qui traversent des moments de rupture, de perte de logement, en situation d’itinérance ou à risque de le devenir. Dans ce milieu où chaque histoire est singulière, l’équipe et les résidentes décrivent un lieu où l’on retrouve d’abord un sentiment essentiel : celui d’être en sécurité. Pour Kayla Beaudry, directrice adjointe appelée à prendre la relève de la direction générale, cette mission repose sur une présence constante auprès des femmes. Arrivée comme intervenante, elle a gravi les échelons en apprenant « que les femmes qu’on accueille nous font évoluer aussi ». À 27 ans, elle avance avec assurance, soutenue par la confiance du conseil d’administration et de son équipe.

La présence masculine, une nuance sensible et assumée

La présence masculine fait aussi partie du quotidien du Phénix. Intervenant et coordonnateur, David Letourneau accompagne les femmes lors des admissions, des suivis ou de situations plus délicates. Conscient que certaines arrivent avec des traumatismes liés à des hommes, il adapte son approche selon leurs limites. « Quand une femme est mal à l’aise, on ajuste, et ça change tout », dit-il. Pour plusieurs, cette présence devient un repère positif, une façon de réapprendre la confiance dans un environnement où l’écoute prime.

Une direction jeune et proche du terrain

Pour Kayla, diriger un organisme pour femmes signifie rester près du quotidien, des réalités et des émotions qui traversent la maison. Elle continue d’aller à la rencontre des résidentes, de partager des repas, de maintenir un lien humain essentiel. Elle sait que son âge soulève parfois des questions, mais elle avance avec détermination, convaincue que son leadership se construit dans la transparence et la solidarité. Elle poursuit d’ailleurs des formations pour consolider ses compétences, souhaitant assumer pleinement la direction générale lorsque le moment sera venu.

Édith : de la perte de logement à la reconstruction

Édith a frôlé l’itinérance après avoir perdu son logement à la dernière minute. Elle est arrivée au Phénix bouleversée, sans connaître les ressources disponibles, et a d’abord dormi dans un dortoir à quatre. Elle y a découvert la solidarité entre femmes aux parcours variés, un soutien qui l’a aidée à retrouver un rythme, une routine et une estime de soi qu’elle croyait perdue. « Je me lève avec envie, j’aime la vie », résume-t-elle. Kayla, qui l’accompagne depuis son arrivée, voit une femme plus confiante, capable de nommer ses besoins et de se projeter dans l’avenir.

Sylvie : un départ vers un nouveau chez‑soi

Sylvie a quitté récemment le Centre après un parcours court mais déterminant. Elle n’avait jamais imaginé devoir demander de l’aide, mais y a trouvé une écoute qui lui a permis de se déposer et de parler sans crainte. « Je vais me sentir quelqu’un », confie-t-elle en évoquant son nouveau logement, trouvé avec l’aide de l’équipe. Elle repart avec la volonté de s’impliquer comme bénévole, de remplir ses journées autrement, de se sentir utile. Elle dit avoir « grandi », appris à être plus douce envers elle-même et à reconnaître sa propre force.

Des trajectoires uniques, un même besoin de dignité

Au Phénix, chaque départ libère une place pour une autre femme qui en aura besoin. Et chaque parcours rappelle que la dignité, la sécurité et l’accompagnement peuvent changer une trajectoire. En cette Journée du droit des femmes, ces voix témoignent d’une réalité simple : lorsqu’un milieu offre l’espace pour se relever, les femmes avancent, chacune à leur rythme, mais jamais seules.