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L'école Saint-Stanislas. Photo Claude Cormier, archives

Autopsie de l’éclosion de St-Stan

MATHIEU LOCAS

Le 26 septembre dernier, la Santé publique des Laurentides informe les parents de l’école Saint-Stanislas que les élèves et le personnel doivent subir un test à la suite d’une éclosion de Covid-19. À l’intérieur des murs, l’information roule depuis quelques jours à l’effet que des filles de l’option Cheerleading ont contracté le virus en premier après avoir organisé un party regroupant une cinquantaine de personnes. Le Journal  Infos Laurentides publie la nouvelle le 30 septembre et ça fait vite le tour du Québec. Le 1eroctobre, la Santé publique ferme l’école.

Le même jour, une élève de l’équipe visée écrit au journalen affirmant qu’il n’y a pas eu de party aussi imposant. Elle ajoute que certaines filles ont eu droit à des injures et même des menaces de mort.

J’ai parlé à cette jeune femme dont je vais taire le nom. Elle me confirme que le fameux party a eu lieu le samedi 19 septembre. Elle m’affirme aussi qu’elles étaient moins de dix, de leur classe bulle, dans une résidence privée. Elle m’avoue également qu’elles étaient plusieurs à boire dans la même bouteille.

À travers quelques téléphones, j’apprends que leur party n’était pas le seul à avoir lieu le 19 septembre. Deux amies de ce groupe se sont rendues à Mont-Tremblant pour un party privé qui n’a pas levé. Les filles sont vite revenues à Saint-Jérôme. Toujours le 19 septembre, une élève a organisé un rassemblement pour son anniversaire. Des filles du Cheer y étaient aussi. Et pour finir, une ancienne élève de l’école aurait aussi organisé un party le même soir.

En résumé, des filles du Cheer se sont retrouvés dans quatre partys et ont croisé des dizaines d’ados le 19 septembre dernier. Deux jours plus tard, tout ce beau monde est retourné à l’école et c’est là que les symptômes sont apparus.

Est-ce que les filles du Cheer auraient pu mieux agir? Oui. S’échanger la bouteille n’était pas l’idée du siècle.

Est-ce que leurs parents auraient pu les garder à la maison? Oui, mais le 19 septembre dernier, il n’y avait que 427 nouveaux cas au Québec. Les enfants qui ont organisé les trois autres partys ont aussi des parents, mais eux n’ont pas reçu un char de bouette.

Est-ce que ces filles du Cheer ont amené la Covid à St-Stan? Visiblement, j’ai parlé à la première victime connue. D’ailleurs, elle ne comprend pas que son nom ait été ébruité.

Est-ce que cette dernière l’a attrapé à un party? Possible, tout comme elle aurait pu le contracter en utilisant un panier d’épicerie mal nettoyé.

Si le gouvernement avait imposé le masque en tout temps dans les écoles, la propagation aurait-elle été moins importante? Possiblement.

Parmi les rumeurs, certains prétendent que le directeur Jean-Pierre Tremblay aurait souligné le party des filles du Cheerleading à l’intercom. C’est faux. Le directeur en a parlé lors d’une rencontre à huis clos avec ses enseignants de l’option. Quand le directeur Tremblay a parlé à l’intercom, c’était pour prévenir qu’il n’accepterait aucunement les menaces et les agressions de ses élèves sur les médias sociaux.

La transmission de la Covid est l’affaire de tous.

Là, je m’adresse aux braves du clavier. Ceux qui ont solution à tout et qui régurgitent leur frustration sur tout ce qui bouge.

Commençons par les grands-parents des élèves. Dans les années 60, certains d’entre eux embarquaient dans leur Chevrolet, «ben chauds», à la sortie de la salle Ratelle après un spectacle des Baronets ou du groupe jérômien Les Excentriques, avec leur chevelure rose. Les plus téméraires allaient même jusqu’à se retrouver dans des rangs sombres et étroits pour faire des courses, avec une bouteille de Dow entre les jambes. Maintenant, vous, les parents des élèves. Au tournant des années 90, étiez-vous toujours en pleine possession de vos moyens avant de vous installer derrière le volant à votre sortie du B-52 de Prévost ou du Globe à Saint-Jérôme (Black Label 3 pour 1)?

Ces jeunes femmes ont propagé le virus, sans le savoir et le paient très cher. Pas facile de se faire dire ses quatre vérités un à un. Imaginez sur les médias sociaux. Parce que sur les médias sociaux, c’est comme se faire engueuler devant plusieurs Centre Bell remplis à pleine capacité.

 

 

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail.com

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