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«Les besoins criants des enseignants qui existaient avant la pandémie ne disparaîtront pas quand ils retourneront en classe» évalue Christian Aubin. Photo Mychel Lapointe

Avec les enseignants: pas d’entente «au rabais» -Christian Aubin

«Les besoins criants des enseignants qui existaient avant la pandémie ne disparaîtront pas quand ils retourneront en classe, bien au contraire. De nombreux élèves, dont plusieurs en difficulté, devront faire de la mise à niveau dans une nouvelle réalité d’organisation scolaire et le travail dans la classe ne sera pas plus facile. La pénurie que nous vivons est d’ailleurs la conséquence des conditions de travail particulièrement difficiles dans les écoles» considère Christian Aubin.

Le président du Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord (SERN) réagissait ainsi la semaine dernière au moment de commenter les dernières offres du Gouvernement Legault aux enseignants du Québec.

Rejet des offres

Des offres que M.Aubin juge insuffisantes et pour lesquelles il évalue que «les porte-paroles patronaux n’ont manifestement pas les mandats nécessaires pour faire avancer les discussions».

À cet égard d’ailleurs, le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord a consulté ses membres à distance durant les derniers jours.

«Les résultats de ces assemblées sont éloquents: 97 % des personnes consultées ont rejeté la proposition patronale qui leur a été faite le 22 mai, tandis que 98 % ont réitéré vouloir que la présente négociation se conclue par une entente qui apportera des améliorations aux conditions d’exercice des enseignantes et enseignants ainsi qu’une reconnaissance salariale de la valeur de leur profession».

Ce qui fait dire à Christian Aubin que «ce sont des résultats vraiment très clairs que le Conseil du trésor doit entendre (…) La proposition patronale qui nous a été présentée constitue une volte-face spectaculaire du gouvernement face à ses engagements électoraux. Et on n’est plus à une surprise près, puisque les revirements ont été nombreux durant la pandémie».

«On est loin de la priorité accordée à l’éducation qui nous avait été promise. Les besoins et la souffrance sont dans nos établissements et centres depuis trop longtemps pour accepter qu’une entente soit réglée aux dépens des profs. Le gouvernement dit vouloir négocier, mais il doit comprendre que les enseignants ne signeront pas une entente au rabais» de reprendre M.Aubin.

Doléances

Que veulent les enseignants?

Christian Aubin souligne que «l’offre ne propose rien pour les élèves en difficulté. Elle recule sur l’engagement pourtant répété de la CAQ d’abolir les 6 premiers échelons de l’échelle salariale pour attirer de la relève dans la profession. Elle vise un alourdissement de la tâche en augmentant de manière importante le nombre d’heures travaillées. La seule mesure mise au jeu pour retenir les enseignantes et enseignants plus expérimentés est une augmentation salariale d’un maximum de 2,5 % aux quelque 800 profs qui pourraient acquérir le statut d’«enseignants

émérites», contrairement aux augmentations de 5 % faussement véhiculées par le Conseil du trésor. Pire encore, ce nouveau statut mal défini semble davantage destiné à soulager les directions qu’à valoriser la profession enseignante».

 

 

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