Benoit Charette ne chôme pas. Une semaine après sa nomination à la tête du ministère des Transports du Québec, le nouveau ministre établit ses priorités dans un contexte de déficit budgétaire — et rappelle que cette rigueur s’applique aussi aux régions comme les Laurentides.
Le gouvernement du Québec doit composer avec un objectif de retour à l’équilibre des finances publiques, estime le ministre, ajoutant que cette réalité s’applique également aux municipalités et aux sociétés de transport, qui doivent elles aussi respecter leurs contraintes budgétaires.
M. Charette entend s’attaquer au déficit d’entretien du réseau routier québécois, un enjeu qu’il dit bien connaître pour avoir déjà été aux Infrastructures.
Nos routes, au fil des années, des décennies, ont littéralement un manque d’amour. Les gouvernements précédents ont malheureusement porté très peu d’attention au maintien des actifs, ce qui fait que le déficit d’entretien est important, souligne-t-il.
Faire mieux avec moins
Depuis 2018, le gouvernement affirme avoir travaillé à corriger ce déficit, mais Benoit Charette reconnaît que la tâche est loin d’être terminée. Il évoque des liens routiers qui doivent être complets ou entièrement revus.
Le ministre annonce des rencontres à venir avec les sociétés de transport à travers le Québec pour aborder la mobilité durable. La solution, selon lui, ne peut pas reposer uniquement sur une augmentation du financement.
Les sociétés de transport, j’en suis convaincu, font un bon travail, mais elles peuvent aussi faire mieux avec les sommes dont elles disposent, tout comme le gouvernement du Québec peut faire mieux de son côté.
Il cite en exemple la Société de transport de Lévis, qu’il considère comme certainement un modèle à retenir en termes d’efficacité au niveau du contrôle de ses dépenses et de ses coûts.
La sécurité routière constitue également un enjeu fondamental. Le ministre identifie des secteurs, notamment près des écoles et des milieux de vie des personnes vulnérables, qui nécessiteront une attention particulière.
Les Laurentides et la mobilité durable
Le ministre affirme que la région des Laurentides était auparavant sous-financée en matière de transport au regard de son poids démographique, mais que ce retard a été en grande partie rattrapé grâce à des investissements importants au cours des dernières années.
Plusieurs municipalités des Laurentides se sont mobilisées le 9 mai autour de la mobilité durable, souhaitant passer de la parole aux actes après avoir promis en décembre dernier des actions fortes pour favoriser cette transition.
Ancien ministre de l’Environnement, Benoit Charette voit dans son nouveau rôle un atout pour son portefeuille actuel.
Ce sont deux enjeux qui sont intimement liés. On avait plusieurs projets élaborés conjointement, dit-il, ajoutant qu’il souhaite poursuivre le travail transministeriel avec sa successeure à l’Environnement, Pascale Déry.

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