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L'écocentre de Saint-Jérôme. Photo Mychel Lapointe

“Ça ferait un bon feu de camp” -Un employé de l’écocentre de Saint-Jérôme

MATHIEU LOCAS

Le dimanche 2 juin dernier, je me rends à l’écocentre de Saint-Jérôme, situé sur la rue Lajeunesse, près du viaduc de la 15. Dans ma boîte de camion se retrouve un balcon «passé date», coupé en petits morceaux. J’arrive à la guérite et je demande à une employée où je peux disposer du bois.

Elle n’a pas la réponse et demande à un collègue. Durant l’attente, je constate que plusieurs citoyens font du «zieutage» autour de tables où l’on retrouve une foule d’objets comme des jouets d’enfants, des luminaires, de la vaisselle et toutes sortes de «cossins» parfois inutiles.

Le commis s’approche de mon camion.

– Bonjour, monsieur. Dites-moi dans quelle «bin» je peux aller porter mon bois. C’était un balcon et il a été coupé en petits morceaux. Je n’ai rien d’autre, c’est 100 % du bois.

Le jeune homme se dirige à l’arrière, constate le contenu et revient.

«Monsieur, nous ne prenons pas du bois comme ça»

– Ben voyons, vous êtes un écocentre?

«Ici, nous prenons des articles qui peuvent resservir et ce n’est pas le cas de votre bois.»

– Ok! (mettons que j’avais la face en point d’interrogation) Je fais quoi, alors?

«Vous pouvez aller chez Service sanitaire Richer ou y’a une place à Lachute qui prend ça.»

– Richer est fermé, nous sommes dimanche. Et pensez-vous que je vais faire 80 km pour aller porter ça!»

«Aussi, ça ferait un bon feu de camp…»

– PARDON! C’est bien un employé d’un écocentre qui me dit de brûler du bois traité. Allo, l’écologie! Non, laissez faire, j’ai en masse de poubelles vertes à la maison, c’est là qu’il va finir.

 

J’étais noir. Dans un vrai écocentre, on retrouve des sections ou des conteneurs où il est possible d’y déposer du bois, du ciment ou asphalte, du métal, du plastique, etc.; des matériaux qui peuvent être recyclés d’une quelconque façon. Il y a aussi une section pour des encombrants comme les matelas. Ça enlève de la job aux éboueurs.

À Saint-Jérôme, ce n’est pas un écocentre mais plutôt un marché aux puces, un bazar ou une vente de garage organisée par la Ville. Vous cherchez des verres à Coke, au col un peu ballonné, comme on en retrouve à la Taverne du Baril quand on commande une «quille», aucun problème. Par contre, on va vous dire de faire un feu quand vous arrivez avec du bois.

Réglementation municipale

Je me suis donc tourné vers la Ville pour poser trois questions.

1- Réglementation municipale sur les feux en plein air?

2- Pourquoi l’écocentre n’accepte pas le bois alors que c’est le cas ailleurs?

3- Le nouvel écocentre va-t-il accepter ce genre de matière?

 

Au Service des communications, on ne semblait pas très impressionné par la réponse du commis. On a choisi de ne pas défendre l’indéfendable.

 

Réponses:

 

1- Il est possible de faire des feux en plein air. «Il doit être situé à 3 mètres des lignes de la propriété et à 7,6 m de tout immeuble dans le cas d’une cour privée résidentielle et à 4,5 m de tout véhicule ou équipement récréatif

 

2- Alain Belley, directeur général des écocentres de la Rivière-du-Nord, a répondu à la question. «À notre ouverture en 2005 et aussi en 2006, nous acceptions ce genre de matériaux. Faute d’espace, nous ne pouvons plus le faire.»

– Mais vous avez de l’espace pour vendre des poivrières «passées date» de la Jamaïque?

«Un écocentre, c’est aussi la réutilisation.»

 

3- Oui et il va ouvrir à l’automne 2020.

 

En attendant, pour les nostalgiques du Régent, situé dans le «Carré» dans les années 60 et 70, ou si vous désirez mettre la main sur une statue de bois d’un Cubain avec un gros cigare dans la bouche ou encore une voiture miniature faite à partir de canettes de Coke, je vous invite à passer sous le viaduc de la 15 visiter l’écocentre. Vous y trouverez votre compte. Pour les autres, remplissez vos poubelles.

 

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail.com.

 

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