Le ministère de l’Éducation a donné son feu vert en 2021 pour remplacer l’école Chante-au-Vent, classée cote E (33,8 %). À l’époque, une lettre du directeur général du Centre de services scolaire des Laurentides (CSSL), Sébastien Tardif, évoquait une ouverture possible en 2023-2024. Cinq ans plus tard, le projet en est toujours à la conception.
« Les plans et devis à 30 % d’avancement ont été présentés au Ministère pour avis », indique Bryan St-Louis, responsable des relations de presse pour le ministère. Le CSSL doit maintenant poursuivre son élaboration, sans échéancier pour les prochaines étapes.
Malgré ce décalage important, aucune justification détaillée n’est fournie. Le ministère reconnaît la nécessité de reconstruire l’école, sans expliquer la lenteur de la progression.
Des explications contradictoires
Les versions divergent selon les intervenants. Le ministère affirme que le projet « n’a pas été suspendu ou retardé en raison de contraintes budgétaires ». Pourtant, en 2023, le CSSL évoquait auprès des parents des coupures ayant freiné plusieurs projets.
Du côté politique, le bureau de la ministre responsable de la région, France-Élaine Duranceau, insiste sur la rigueur financière. « Il faut s’assurer que l’argent est bien investi », a indiqué son conseiller politique, Hugo Paquette, évoquant des choix difficiles dans un contexte budgétaire serré, sans lien direct établi avec Chante-au-Vent.
Le ministère met plutôt de l’avant une réforme de la gestion budgétaire visant plus de flexibilité pour les centres de services scolaires, une réponse générale qui ne permet pas d’expliquer la situation précise du projet.
Une école jugée trop petite par la Ville
La Ville de Sainte-Adèle appuie le projet, mais réclame une capacité accrue. Le ministère autorise pour l’instant une école de 11 classes, alors que la municipalité estime que 14 classes seraient nécessaires pour répondre à la croissance démographique. « Nous considérons que 14 classes seraient mieux pour une vision long terme », souligne la mairesse Nadine Brière.
La Ville a transmis ses projections de développement résidentiel au CSSL pour appuyer sa demande. Le terrain destiné à la future école a été acquis l’an dernier. La municipalité prévoit aussi investir environ 1 M$ pour les infrastructures d’aqueduc et d’égout, en plus de vouloir aménager un parc-école adjacent. Aucun autre facteur municipal ne semble toutefois retarder le projet.

Des élèves toujours déplacés
En attendant, plusieurs élèves de Sainte-Adèle fréquentent des écoles dans d’autres municipalités, notamment à Saint-Sauveur. Une situation qui perdure et inquiète des parents.
Le bureau de la ministre rappelle que les écoles sont des « infrastructures régionales » et que la répartition des élèves dépend des capacités disponibles. Cette réponse ne répond pas aux préoccupations exprimées lors de la séance municipale du 23 mars, où des parents ont dénoncé les impacts quotidiens des déplacements.
La Ville estime que l’ajout de classes permettrait de rapatrier les élèves, mais la décision relève du ministère et du CSSL. Aucun engagement n’a été pris.
Une ouverture repoussée à 2029
Selon les informations transmises à la Ville par le CSSL, l’ouverture est désormais envisagée pour septembre 2029. Le ministère ne confirme pas cette date et n’avance aucun échéancier alternatif, se limitant à affirmer que le projet est « sur les rails ».
Cinq ans après son autorisation, le projet de l’école Chante-au-Vent reste sans calendrier clair. Les familles, la Ville et les élus locaux demeurent dans l’attente d’un début concret des travaux.

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