Lors d’une assemblée extraordinaire tenue le 29 mai, le conseil municipal a adopté le projet de règlement de zonage 2026-102-85 portant sur les espaces naturels. Quelques jours plus tard, lors de la séance du 8 juin, le conseil a également adopté le projet de règlement 2026-106-32 créant le secteur 34 du Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), qui vise les bassins versants et les secteurs situés à proximité des lacs.
À la suite de la première adoption, le groupe Les Amis de Mont-Tremblant s’est opposé à la tenue de la séance extraordinaire, convoquée moins de 24 heures avant sa tenue.
Parmi les conseillers opposés à l’adoption des deux règlements, Jean-Luc Trahan, du district 1, et Billie-Jeanne Graton, du district 2, ont soulevé des interrogations quant à l’empressement de la Ville à adopter ces mesures alors qu’elle travaille depuis plusieurs années à une refonte complète de son plan d’urbanisme.
Mme Graton a rappelé que le règlement de contrôle intérimaire (RCI) de la MRC avait précisément pour objectif de geler certains développements le temps que la réflexion sur l’aménagement du territoire soit complétée.
« Le rôle d’un règlement de contrôle intérimaire est précisément d’éviter que des décisions ponctuelles viennent compromettre les orientations qui sont en cours d’élaboration, affirme-t-elle. Lorsqu’une exception est envisagée sans démonstration claire de son caractère nécessaire, elle alimente inévitablement les interrogations et les perceptions de traitements préférentiels. »
Le conseiller Jean-Luc Trahan a lui aussi exprimé des réserves sur la rapidité des décisions récentes. Il a rappelé que la Ville travaille depuis quatre ans sur une refonte complète de son plan d’urbanisme.
« Pourquoi alors cette urgence d’agir quand une portion de la population nous demande un moratoire pour ne pas commettre d’erreurs que nous pourrions regretter un jour? », a-t-il demandé.
Un règlement présenté comme un outil de protection
Selon la Ville, le règlement vise notamment à encourager la mise en commun des allées d’accès résidentielles afin de réduire le déboisement et à permettre la compensation des espaces naturels manquants à l’intérieur d’un même bassin versant.
Lors de la séance du conseil du 8 juin, le maire Pascal De Bellefeuille a défendu l’initiative en affirmant qu’elle s’inscrivait dans la préparation du futur plan d’urbanisme.
« On met la table à la refonte urbanistique et on donne une agilité au service d’urbanisme, a-t-il déclaré. Ce règlement nous permet de préparer la transition vers la nouvelle vision urbanistique de Mont-Tremblant. »
Le maire soutient également que les nouvelles dispositions renforceront la protection environnementale.
« On vient mettre les bretelles et la ceinture. Le service d’urbanisme va resserrer encore davantage les contrôles dans les bassins versants. »
Des citoyens inquiets d’une plus grande discrétion politique
Toutefois, cette lecture n’est pas partagée par plusieurs résidents qui craignent que le nouveau cadre ouvre la porte à davantage d’interventions discrétionnaires du conseil municipal.
Lors de la période de questions, Jacques Mallette a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences du nouveau mécanisme.
« Vous ouvrez une brèche et vous donnez au conseil la capacité d’approuver des projets dans des bassins versants malgré des recommandations de rejet », a-t-il affirmé.
Selon lui, l’expérience récente du projet Habitat Mont-Tremblant démontre les risques d’un tel pouvoir discrétionnaire.
Même son de cloche chez Denis Courtois, qui a rappelé que les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) constituent eux-mêmes des règlements municipaux.
Des rencontres d’information sont prévues les 15 et 29 juin prochains à l’hôtel de ville de Mont-Tremblant, où les citoyens pourront échanger avec les employés du service de l’urbanisme.

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