icon journal
Des départs préoccupants chez les professionnels de l’éducation

Photo : Marie — Pier Lafleur – Josée Yale, présidente du Syndicat du personnel professionnel de l’éducation des Laurentides, demande au ministère de documenter également les départs des professionnels du réseau scolaire.

Des départs préoccupants chez les professionnels de l’éducation

Publié le 17/07/2026

Au moins 21 conseillers pédagogiques auraient quitté leur poste depuis 2022 dans les Laurentides, selon leur syndicat, qui déplore toutefois disposer de peu d’information sur les raisons de ces départs.

Le personnel professionnel réclame ainsi d’être inclus dans la démarche du ministère de l’Éducation visant à mieux comprendre les départs du réseau scolaire.

Selon la Fédération du personnel de soutien scolaire et la Fédération du personnel professionnel de l’éducation du Québec, 48,5 % des professionnels interrogés disent avoir perdu des collègues de leur corps d’emploi à la suite de départs volontaires. Les deux organisations rapportent également un taux de postes vacants de 8,2 % chez le personnel professionnel.

Pour Josée Yale, présidente du Syndicat du personnel professionnel de l’éducation des Laurentides (SPPÉL), les professionnels jouent un rôle central dans le fonctionnement des écoles.

Elle cite notamment les conseillers pédagogiques, qui accompagnent directement les enseignants dans leur travail.

« Quand un enseignant est bien soutenu, il y a plus de chances qu’il demeure longtemps dans la profession », explique-t-elle.

Le personnel professionnel comprend notamment des psychologues, des psychoéducateurs, des orthophonistes, des orthopédagogues, des conseillers d’orientation, des bibliothécaires et des conseillers pédagogiques. Ces spécialistes interviennent auprès des élèves, des enseignants et des directions d’établissement.

Des causes peu documentées

Selon Mme Yale, les syndicats sont informés par les ressources humaines lorsqu’une personne n’est plus en poste, mais ils n’ont pas accès aux entrevues de départ et disposent de peu de données sur les motifs invoqués.

« On ne sait pas réellement pourquoi les gens quittent », déplore-t-elle.

Elle affirme que certains employés communiquent avec leur syndicat avant de démissionner et évoquent notamment de meilleures occasions d’emploi ailleurs.

Ces témoignages ne permettent toutefois pas de dresser un portrait complet de la situation.

Pour cette raison, elle estime que la volonté du ministère de documenter les départs constitue « une bonne idée », à condition que l’exercice englobe toutes les catégories de personnel.

Plusieurs professions touchées

Le syndicat dit avoir recensé 21 départs de conseillers pédagogiques depuis 2022 dans les Laurentides.

« Il n’y en a pourtant pas une centaine dans notre centre de services scolaire. C’est énorme. »

Elle ajoute avoir également recensé une dizaine de départs chez les psychoéducateurs, ainsi que des départs chez les bibliothécaires, psychologues, orthophonistes, orthopédagogues et conseillers en réadaptation.

« Dans tous les cas que nous connaissons, les gens sont partis parce qu’ils étaient insatisfaits, soutient-elle. Ils sont allés travailler dans un autre centre de services scolaire où ils espéraient être mieux. »

Cette affirmation concerne les cas dont les motifs ont été rapportés au syndicat, précise Mme Yale, et non l’ensemble des départs recensés.

Des fonctions qui débordent du champ d’expertise

Selon la présidente du SPPÉL, plusieurs professionnels quittent parce qu’ils ne peuvent plus exercer pleinement les fonctions pour lesquelles ils ont été formés.

« On demande parfois à un conseiller pédagogique spécialisé en sciences ou en anglais d’accompagner des enseignants dans des matières qui ne sont pas les siennes. Les professionnels débordent de leurs fonctions et finissent par ne plus faire le travail pour lequel ils sont qualifiés », explique-t-elle.

Le syndicat a d’ailleurs déposé plusieurs griefs afin de contester certaines mises en disponibilité et abolitions de postes.

Pour Mme Yale, la pénurie touche désormais l’ensemble du réseau de l’éducation, où « l’on manque de psychologues, de conseillers pédagogiques et de plusieurs autres spécialistes ».