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Gestion de l’eau : L’avis d’ébullition qui fait déborder le vase

Photo Delia Pindaru – Depuis plusieurs mois, la Ville de Saint-Sauveur est frappée par une multiplication des problèmes de potabilité d’eau, frustrant une partie de la population.

Gestion de l’eau : L’avis d’ébullition qui fait déborder le vase

Publié le 06/02/2026

Depuis le vendredi 23 janvier, pour une durée indéterminée, l’alimentation en eau potable est coupée autour de la Place Saint-Michel et de la rue Carmen en raison de travaux sur le réseau d’aqueduc municipal. Un avis d’ébullition sera partagé par la Ville de Saint-Sauveur lors du rétablissement du service.

La gestion de l’eau demeure une préoccupation pour les Sauverois. C’est pourquoi les avis d’ébullition, qui se sont multipliés depuis quelques mois, inquiètent.

Lors du conseil municipal du 21 janvier, le citoyen Normand Grégoire a interpellé le conseil municipal de questions sur la gestion du réseau d’aqueduc, dans le quartier Sans-Soucis, contaminé au manganèse, un élément chimique. Il déclare alors que l’accès à l’eau potable est un besoin essentiel que la Ville se doit de fournir. « On dirait qu’on est dans un pays du tiers monde, mais on est à Saint-Sauveur », s’est moqué M. Grégoire.

Le maire, Luc Martel, affirme que des centaines de tests d’eau sont effectués à chaque année par des experts, collaborateurs du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques et que ce sont eux qui indiquent si l’avis d’ébullition peut être retiré ou non. « Aussitôt qu’on aura le feu vert des spécialistes, l’avis sera levé », assurait M. Martel.

Aqueducs privés et subventions gouvernementales

Un citoyen a questionné la Ville sur l’éventuelle subvention du ministère de l’Environnement destinée aux aqueducs privés. La direction générale a précisé que, malgré des annonces publiques faites ailleurs dans la région, aucune confirmation officielle ni modalités claires n’ont encore été transmises par le ministère, selon M. Jean-Philippe Gadbois, directeur général de la Ville de Saint-Sauveur. Des incertitudes demeurent quant à l’admissibilité des réseaux, au caractère rétroactif des dépenses et à l’échelonnement des sommes annoncées. La Ville a néanmoins adopté une résolution exprimant son intérêt à acquérir certains aqueducs privés, conditionnellement à la confirmation écrite des aides financières.

« À l’heure actuelle, cette enveloppe-là n’a pas été confirmée par le ministère de l’Environnement et il n’y a même pas encore de modalités entourant son utilisation, affirme M. Gadbois. On a entendu parler de 3 millions de dollars sur trois ans, mais on n’a aucune information officielle pour l’instant. C’est certain qu’on suit le dossier de très près. »

Pour rappel, en avril 2025, la Ville de Saint-Sauveur avait repris cinq réseaux d’aqueducs privés, suite à l’abandon des activités de l’entreprise Aqua-Gestion, dont le réseau Mont-Suisse qui verra des travaux prochainement. « C’est un réseau ancien qui va demander plus de travail, et on est encore en phase d’évaluation » disait M. Martel.

La Ville de Saint-Sauveur n’a pas encore répondu aux questions d’Infos Laurentides à ce sujet.

Pas un problème isolé

La situation de la gestion de l’eau est un sujet qui s’étend également jusqu’à l’est. Le 31 mars 2025, la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines a également acquis la gestion des aqueducs privés d’Aqua-Gestion sur son territoire. Le 18 décembre dernier, malgré les travaux mis en place par la Ville, le quartier du domaine Normandie a émis un avis d’ébullition à la suite d’une contamination récente aux coliformes fécaux.

« Malgré le contexte financier plus serré, la Ville continue d’investir de façon responsable dans la gestion de l’eau, car il s’agit d’infrastructures essentielles et non discrétionnaires, rassure Jean-René Labelle, maire de Sainte-Anne-des-Plaines. Ces interventions permettent de protéger nos infrastructures, d’assurer la qualité de l’eau et de planifier des solutions durables pour l’avenir ».

Plusieurs dépenses de la Ville sont liées à l’entretien et à l’amélioration des réseaux d’aqueduc et d’eaux usées, notamment les travaux sur les intercepteurs, le gainage des conduites et les études visant à prévenir l’érosion des sols, comme dans le secteur du ruisseau de la Corne, pour éviter toute nouvelle contamination.