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Il est temps de l’exploiter

MATHIEU LOCAS

J’ai quelques chroniques intemporelles qui dorment dans mon ordinateur. Quand j’ai commencé à écrire celle-ci, il y avait des feuilles dans les arbres et ce n’était pas la présente «batche». Elle a débuté au moment où Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin ont sorti des centaines de pneus de la rivière du Nord en août dernier. Un beau geste pour en réparer de mauvais, posés au cours du 20e.  La rivière était un véritable dépotoir à ciel ouvert.

Petite anecdote personnelle. Au milieu des années 80, j’habitais la rue Sarto (île Perreault). Mon grand chum, Pascal Meunier, vivait sur la rue Saint-Ignace, un cul de sac, qui aboutirait sur Sarto, si un pont enjambait la rivière.

Je me souviens d’une conversation :

-Couc donc Pascal, ta mère a-t-elle fait un lavage tantôt?

«Oui! Pourquoi?, dit-il un peu étonné.

-C’est parce que je viens de voir passer la broue blanche de cycle «rinçage» dans la rivière.

J’avais une belle vue avec le tuyau d’égout de 12 pouces dans ma fenêtre de chambre.

Les Jérômiens ont repris contact avec leur rivière à peu près à cette période avec la construction de la promenade entre les rues De Martigny et Saint-Joseph. À ce moment, prendre une marche sur la promenade n’était pas de tout repos. Plusieurs transactions de drogue y avaient lieu car, en cas de présence policière, les «pushers» pouvaient éliminer des preuves en balançant leur marchandise à l’eau.

Dans les années 90, le gouvernement du Québec a forcé les villes à ne plus garocher leur merde dans les cours d’eau. Depuis cette période, il y a eu plusieurs activités d’ensemencement. Plusieurs pêcheurs sont revenus pratiquer leur activité favorite dans ce cours d’eau emblématique.

Ce n’est plus un secret, la présente crise sanitaire sera suivie d’une crise économique et une autre des finances publiques. Un des moyens de repartir l’économie, en temps de crise, est le vieux principe de l’économiste John Maynard Keynes qui consiste à ce que les gouvernements injectent de l’argent dans l’économie, souvent par l’entremise de grands travaux.

La rivière du Nord pourrait s’inscrire dans les grands travaux. Géographiquement, nous sommes privilégiés d’avoir un aussi beau cours d’eau qui traverse notre ville. Nous n’exploitons qu’une infime partie de cette rivière, entre les rues De Martigny et St-Joseph. Je crois que la rivière du Nord est mure pour une autre étape.

Je roulais récemment sur Laviolette et je regardais en direction du parc Sainte-Paule. Ce terrain, qui appartient à l’Évêché, représenterait une magnifique piste d’atterrissage pour un projet de développement de la rivière. Je l’ai déjà écrit, le «haut du village» a tous les atouts pour connaitre une croissance fulgurante au cours de la prochaine décennie. On me dit également que le tronçon situé au sud de la Rolland serait un endroit idéal pour du kayak.

Évidemment, pour avoir accès à la rivière, on doit faire les choses dans le bon ordre. Pas question d’envoyer des gens se garocher dans la rivière si on retrouve 18 pouces d’eau et des tas de roches.

Pour créer des activités ou attirer des touristes, on peut construire toutes sortes de bébelles. Mais une rivière ça ne se construit pas. La rivière est une de nos cartes postales, un peu comme la Cathédrale, le statue du Curé Labelle, la croix rouge de l’hôpital et la Vieille Gare.

Malheureusement, la période que nous vivons sera inscrite un jour dans nos livres d’histoire. Profitons du temps que le Québec tourne au ralenti pour préparer notre plan d’attaque. Quand les gouvernements vont tenter de nous sortir de la récession, il sera alors temps de dévoiler notre projet.

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail.com

 

 

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Mathieu Locas

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