Le RSIQ souligne que plusieurs programmes fédéraux clés sont fragilisés ou incertains, notamment le Plan de réponse communautaire aux campements (PRCC), qui a été prolongé, à la suite d’une mobilisation des acteurs du milieu de l’itinérance, de demandes de politiciens fédéraux et d’une motion de blâme unanime de l’Assemblée nationale.
« Les besoins sont connus depuis des décennies, mais les moyens d’inverser la tendance en itinérance ne sont toujours pas mis en œuvre à grande échelle faute de fonds prévisibles et pérennes. Le manque de financement sur le long terme entraîne des bris de service lorsque les annonces tardent ou sont absentes », affirme Eric Edström, chargé des affaires publiques et médiatiques au RSIQ.
Cependant, le volet du programme Vers un chez-soi, ne comporte toujours pas d’entente Canada-Québec, ce qui met en attente les versements.
« Il s’agit d’un manque à gagner de plus de 200 000$ pour notre organisation », indique Eric Edström.
Selon l’organisme, Ottawa demeure un acteur incontournable, assurant environ 45 % du financement des ressources en itinérance au Québec. Toutefois, des signes récents de désengagement inquiètent le milieu, déjà fragilisé par une demande en forte hausse.
Une crise en aggravation
Le phénomène de l’itinérance est en croissance au Québec : en 2025, le ministère de la Santé a chiffré une augmentation de 20 % de l’itinérance, au cours des trois dernières années, d’après le dénombrement. Or, malgré l’urgence, le dernier budget provincial reconduit essentiellement les mesures existantes sans réelle bonification.
Pour le RSIQ, le problème dépasse la simple question des montants : il s’agit aussi d’une coordination déficiente entre les différents paliers de gouvernement. L’organisme rappelle qu’une déclaration commune issue des États généraux sur l’itinérance de 2024, appuyée par plus de 21 000 personnes et 25 municipalités, appelle à une action concertée afin de simplifier les interventions sur le terrain.
Si le mouvement « Le communautaire à boutte » s’inscrit d’abord dans une dynamique provinciale, le RSIQ insiste sur le rôle structurant du fédéral, tant sur le plan financier que stratégique. Une collaboration efficace entre Ottawa, Québec et les municipalités est jugée essentielle pour freiner la progression de l’itinérance.
Malgré les défis, l’organisme demeure convaincu que des solutions existent. « L’itinérance au Québec n’est pas une fatalité. Ensemble, nous avons les moyens de renverser la tendance à l’intérieur des structures actuelles », soutient le RSIQ.

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