Cette décision inquiète plusieurs adultes en formation, qui craignent notamment des répercussions sur le transport, l’accessibilité aux services et la poursuite de leurs études.
Kim Gagnon, étudiante au Centre des Cimes de Sainte-Adèle, dit avoir appris la nouvelle avant la diffusion d’une communication officielle. « Les profs semblaient inquiets. On ne comprenait pas ce qui se passait », raconte-t-elle.
Même si elle n’est pas directement touchée par la fermeture du point de service de Mont-Tremblant, elle affirme avoir rapidement pensé aux conséquences pour les étudiants du secteur nord. « L’école des adultes est une bouée de sauvetage pour beaucoup de gens », dit-elle.
C’est ce qui l’a poussée à lancer une pétition réclamant le maintien d’un accès local aux services d’éducation des adultes. Au moment d’écrire ces lignes, la pétition comptait 3 044 signatures.
Une décision liée au contexte financier
Stéphanie Fournelle-Maurice, coordonnatrice du secrétariat général et des communications, explique que l’évaluation réalisée avec la Table des responsables de l’éducation des adultes du Québec (TRÉAQ) a conclu que « le maintien du statu quo n’était pas viable à moyen terme ».
Selon le CSSL, l’achalandage observé au point de service de Mont-Tremblant se situait récemment entre 18 et 23 élèves présents en classe. Le regroupement des activités au Pavillon des Sommets, à Sainte-Agathe-des-Monts, doit permettre « une meilleure mutualisation des services » et un accès plus large aux ressources pédagogiques.
Le CSSL précise toutefois que les services de francisation demeureront offerts à Mont-Tremblant.

Le transport au cœur des préoccupations
Le CSSL indique qu’un transport scolaire gratuit sera offert à partir d’un point de chute situé à Mont-Tremblant. Certains élèves habitent toutefois dans des municipalités plus éloignées ou au nord du territoire.
« Une mère de Lac-des-Plages va devoir faire plus d’une heure de route. C’est énorme pour quelqu’un qui essaie de retourner aux études », soutient Kim Gagnon.
Elle craint que l’allongement des déplacements entraîne des abandons scolaires, particulièrement chez les parents d’enfants d’âge scolaire. Elle évoque également les coûts supplémentaires liés aux services de garde et au transport.
Le CSSL soutient de son côté que des mesures d’accompagnement seront mises en place afin de soutenir les élèves pendant la transition.
Des enseignants relocalisés
Les enseignants permanents du point de service de Mont-Tremblant seront relocalisés vers Sainte-Adèle ou Sainte-Agathe-des-Monts.
Selon Stéphanie Fournelle-Maurice, cette réorganisation entraînera principalement « un changement de lieu de travail » et certains ajustements d’horaire ou de tâches. Le CSSL affirme toutefois que le statut permanent des enseignants et leur nombre d’heures ne seront pas modifiés.
Kim Gagnon estime néanmoins que plusieurs élèves craignent de perdre les repères créés au fil du temps dans un milieu qu’ils considèrent plus proche et plus adapté à leur réalité.
« On s’attache à nos profs. On a peur que tout change d’un coup », dit-elle.
Admissions et formation à distance
Concernant les admissions, Kim Gagnon affirme avoir constaté une fermeture prolongée des inscriptions. Le CSSL indique plutôt qu’il y a eu un report temporaire en janvier afin de compléter l’analyse organisationnelle et précise que les inscriptions ont repris à la mi-février.
Le CSSL ajoute que les cours à distance demeurent admissibles au financement d’Emploi Québec lorsque les critères de Services Québec sont respectés. Les étudiants qui bénéficient d’un soutien financier doivent toutefois vérifier leur admissibilité auprès de leur agent.
Kim Gagnon s’inquiète malgré tout de voir certains cours offerts uniquement en ligne, ce qui pourrait compliquer le parcours d’élèves qui doivent respecter des exigences de présence à temps plein.
Une rencontre prévue avec les élèves
Le CSSL tiendra une journée d’information le 11 juin au Pavillon des Sommets afin de répondre aux questions des étudiants concernant le transport, le cheminement scolaire et les options de formation.
« L’objectif est que chaque élève bénéficie d’un accompagnement adapté », indique Stéphanie Fournelle-Maurice.
La députée de Bertrand, France-Élaine Duranceau, a confirmé avoir demandé des explications au CSSL, tout en rappelant que les centres de services scolaires demeurent responsables de leur gestion administrative.
De son côté, Kim Gagnon espère que les préoccupations des étudiants seront entendues.
« Je veux juste que les gens puissent étudier près de chez eux. Pour plusieurs, c’est leur chance de reprendre leur vie en main », affirme-t-elle.

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