- PUBLICITÉ -

Sylvie Fréchette

La gelée de pommes et Sylvie Fréchette

MATHIEU LOCAS

Nous avons un jardin prolifique à Saint-Jérôme. Chaque année, il nous permet de faire de la sauce à spaghetti et du ketchup aux fruits (plus de 150 livres de tomates), des cornichons sucrés, de la confiture de framboises et, depuis cette année, de la confiture de mures. Une fois gelées, les fèves vertes et jaunes nous permettent de passer une partie de l’hiver. Nous avons aussi la chance d’avoir des pommiers. L’un donne des pommettes rouges et l’autre des pommettes jaunes. Nous produisons donc notre gelée de pommes. La gelée de pommes jaunes est très savoureuse. Assez curieusement, elle a un arrière-goût d’agrumes qui me rappelle ma marmelade Good Morning,que ma grand-mère achetait chez Dominion (pour les 40 ans et moins, c’est l’ancêtre de Provigo et Maxi).

Vers la mi-août, les pommettes jaunes étaient prêtes pour la récolte. Comme d’habitude, nous avons fait bouillir nos pommes 30 minutes, mis ça dans un tamis avec du coton à fromage et laissé égoutter pendant plusieurs heures. Avec le jus, nous avons ajouté 5 tasses de sucre et fait bouillir jusqu’à 220 degrés.

Cette année, j’ai un peu de misère avec le thermomètre. Il arrivait à 220 et redescendait à 219. Après 5 minutes de yo-yo entre 219 et 220, j’ai mis le liquide dans les pots Masonet mis le tout au frigo. Le lendemain matin, je mets deux toastsdans le grille-pain et j’ouvre le pot Mason. J’ai vite reconnu cette petite odeur d’agrumes. Le problème, ma gelée n’avait pas poigné. C’était de l’eau.

J’ai tout ouvert mes pots, versé le liquide dans une casserole et mis le rond à High. Cette fois, je l’ai fait bouillir jusqu’à 222 degrés. J’ai remis le liquide dans mes pots Mason(un pot en moins tellement ça avait bouilli) et remis le tout au frigo. Le lendemain matin, je me suis fait deux belles toastsà la gelée de pommes de couleur orangée. Un délice.

La prochaine campagne électorale fédérale pourrait ressembler à mon aventure de gelée de pommes. La différence risque d’être mince entre un discours qui «poigne» et un discours qui «ne poigne pas».

Rappelez-vous l’élection provinciale l’automne dernier. Le PLQ et la CAQ se chauffaient mutuellement dans les sondages. Mais une fois le bulletin de vote en main, les Québécois ont dit: «Assez, c’est assez des deux partis traditionnels, on veut du changement»

Résultat, le Parti libéral du Québec a subi sa pire défaite depuis la Confédération tandis que le Parti québécois a presque été rayé de la carte. Et un an plus tard, François Legault demeure le premier ministre le plus populaire depuis Lucien Bouchard.

En convainquant Sylvie Fréchette de se présenter dans Rivière-du-Nord, le Parti conservateur a marqué des points. Tous se rappellent son histoire de 1992. Son conjoint de l’époque s’était enlevé la vie avant son départ pour les Jeux de Barcelone et la juge brésilienne s’était mélangée entre le 8 et le 9, ce qui l’a reléguée à la deuxième marche du podium. Finalement, 16 mois plus tard, elle recevait sa médaille d’or dans un Forum de Montréal rempli et survolté.

Le nom de Sylvie Fréchette outrepasse déjà les frontières de Rivière-du-Nord. Sa candidature a fait le tour du pays en quelques heures. Une candidature d’ailleurs qui pourrait, et j’insiste sur le pourrait, être un facteur qui fasse que les conservateurs poignentplus au Québec. Un peu comme de la pectine dans la gelée de pommes (que je ne mets pas d’ailleurs).

À la dernière élection provinciale, plusieurs souverainistes, voyant que l’option n’allait nulle part, ont jeté leur dévolu sur la CAQ. En 1984, plusieurs souverainistes, sous la suggestion de René Lévesque, avaient appuyé les conservateurs.

La question pour le reste de la campagne est: les souverainistes voteront pour quel parti?

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail.com.

La dernière édition

Section concours

- PUBLICITÉ -
Top