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La MRC analyse sa flotte pour mieux la décarboner

Photo : Marie — Mai Pagé – Les véhicules municipaux des Pays-d’en-Haut sont analysés pendant six mois afin de guider la transition énergétique du territoire.

La MRC analyse sa flotte pour mieux la décarboner

Publié le 10/07/2026

La MRC des Pays-d'en-Haut et ses dix municipalités analysent l'utilisation de 139 véhicules municipaux afin de mieux planifier leur transition énergétique. Pendant six mois, des données seront recueillies sur les habitudes de déplacement et le fonctionnement des véhicules pour orienter les futurs remplacements, réduire les émissions de gaz à effet de serre et adapter l'électrification aux réalités du territoire.

Ensemble, les municipalités participantes possèdent plus de 300 véhicules. De ce nombre, 139 ont été équipés d’un dispositif de télémétrie permettant de documenter leur utilisation réelle. L’échantillon comprend des véhicules lourds et légers, à essence, diesel, hybrides et électriques.

Pour sa part, la MRC, qui exploite cinq véhicules, a intégré l’ensemble de sa flotte à l’étude. Les municipalités comptant davantage de véhicules, comme Saint-Sauveur et Sainte-Adèle, ont plutôt fourni un échantillon représentatif.

L’analyse permettra notamment de mieux cibler les remplacements de véhicules, d’optimiser les déplacements et d’identifier les mesures les plus efficaces pour réduire les émissions.

Pour la préfète Catherine Hamé, cette démarche commune permettra d’appuyer les décisions sur des données concrètes.

« En réunissant l’ensemble des municipalités autour d’une même démarche, nous renforçons notre capacité à appuyer nos décisions sur des données fiables et uniformes. »

Des recommandations attendues en 2027

L’installation des dispositifs a commencé en avril 2026 et toutes les municipalités ont été équipées au printemps. Chaque véhicule fera l’objet d’une collecte de données pendant six mois.

Remis à l’hiver 2027, les rapports comprendront un diagnostic énergétique ainsi que des recommandations adaptées à chaque organisation.

Certaines mesures pourront être appliquées rapidement, notamment en réduisant les périodes où les moteurs tournent au ralenti ou en ajustant certaines pratiques de conduite. D’autres recommandations, comme le remplacement de véhicules, exigeront une planification à plus long terme.

Les analyses porteront également sur l’entretien préventif, l’écoconduite, la logistique des déplacements et la planification du renouvellement de la flotte.

Deux personnes inspectent l’intérieur d’un véhicule blanc équipé de gyrophares, sur un chantier extérieur ensoleillé
Photo : Marie — Mai Pagé – Un échantillon de 139 véhicules municipaux est analysé afin de mieux comprendre les usages et de cibler les mesures de réduction des émissions.

Une électrification adaptée au territoire

La MRC souligne que la transition énergétique ne peut être abordée de la même façon que dans les grands centres urbains.

Le relief montagneux, les longues distances à parcourir, certaines routes ainsi que les conditions hivernales influencent directement l’autonomie et les performances des véhicules électriques.

« Les fortes pentes et les distances à parcourir exigent une transition adaptée aux besoins opérationnels propres à chaque municipalité », souligne Martin Bujold.

Ces contraintes pourraient limiter, à court terme, l’électrification complète de certaines opérations exigeantes, comme le déneigement ou le transport de matériel, où des solutions hybrides ou d’autres motorisations plus robustes pourraient demeurer nécessaires.

Miser sur les données plutôt que les hypothèses

La majorité des municipalités du territoire possèdent déjà un ou plusieurs véhicules hybrides ou électriques. La collecte de données doit maintenant permettre de mesurer précisément quels véhicules pourraient être remplacés, à quel moment et dans quelles conditions.

L’objectif consiste à appuyer les décisions sur les usages observés plutôt que sur des estimations, afin de maximiser les réductions d’émissions sans compromettre les services municipaux.

Une deuxième phase possible

La première phase du projet bénéficie d’un financement de 183 023 $, entièrement accordé dans le cadre du programme Accélérer la transition climatique locale. Cette somme couvre l’installation des dispositifs, la collecte des données, les analyses et l’accompagnement des municipalités.

Les investissements qui découleront des recommandations seront évalués ultérieurement.

Selon Martin Bujold, un soutien financier pourrait être offert pour faciliter leur mise en œuvre.

« Des programmes d’aide financière pourraient être mobilisés pour soutenir la mise en œuvre des recommandations. »

La MRC envisage déjà une deuxième phase afin d’accompagner les municipalités dans l’application des mesures retenues et dans la recherche des programmes de financement les plus appropriés.

Les résultats attendus en 2027 serviront à orienter les futurs investissements de la flotte municipale tout en poursuivant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, selon les réalités des Pays-d’en-Haut.