Amorcé en 2022, le projet visait à regrouper les employés de la MRC dispersés dans trois immeubles distincts à Sainte-Adèle. Cette décision découle de contraintes techniques, réglementaires et financières liées au projet.
Selon la préfète Catherine Hamé, plusieurs facteurs ont eu raison du projet. Le report de la subvention du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) avait occasionné la suspension du chantier pendant plus de six mois, rendant désormais impossible la reprise avant l’entrée en vigueur du nouveau Code du bâtiment en octobre 2026. À cela s’ajoutait le contexte d’austérité financière du gouvernement provincial, dont la décote de crédit a pesé dans la balance. Le coût du projet, initialement évalué à 10 M$, avait déjà grimpé à 16,4 M$.
« Quand on a commencé ce projet-là, on était dans un contexte où le gouvernement donnait l’impression d’avoir énormément d’argent. […] En 2026, on se retrouve dans un gouvernement d’austérité financière, avec une décote de crédit au niveau provincial […] »
Selon elle, le délai au niveau du PRACIM – qui avait accordé une subvention de 72 % pour un montant total admissible de 10 M$ – a occasionné des incertitudes au niveau de la faisabilité du projet, autant par rapport au terrain que par rapport au coût de construction. « […] À un moment donné, tous ces facteurs-là font que le projet n’était plus viable », déclare la préfète jointe au téléphone par la rédaction.
Saint-Sauveur avait rejeté le projet
Le coup de grâce a été assené par Saint-Sauveur qui, en janvier 2026, avait posé son veto en adoptant à l’unanimité une résolution contre le projet, critiquant sa forme actuelle. La Ville s’inquiétait de l’intégration du bâtiment au site du Cap Molson, de l’ampleur des travaux de déblai, de remblai et de déboisement, de l’impact sur le milieu naturel et les valeurs sociales du secteur, ainsi que de la taille des aires de stationnement envisagées.
Il est vrai que la Ville avait procédé à la vente du terrain à la MRC, mais cette transaction, rappelle le conseil, ne constitue aucunement « une autorisation automatique du projet, ni un engagement à déroger aux processus réglementaires municipaux habituels ».
« Nous croyons au rôle central de la MRC dans le développement régional, et nous souhaitons véritablement l’accueillir à Saint-Sauveur. Cependant, il est de notre responsabilité de protéger le Cap Molson et de veiller à ce que tout projet s’intègre harmonieusement à ce site exceptionnel », avait déclaré le maire Luc Martel, proposant à la MRC de trouver « une solution qui permette la réalisation de son siège social tout en respectant l’identité et la valeur écologique du secteur ».
Pour la MRC, adapter le projet aux nouvelles normes aurait exigé de repartir de zéro avec de nouveaux plans, un bâtiment agrandi sur un terrain qui ne laisse pas suffisamment de marge de manœuvre. Un scénario jugé irréalisable par le conseil des maires, tant sur le plan technique que financier et réglementaire.
Une pétition pour lancer le signal d’alarme
Philippe Leclerc, ancien directeur général de la MRC, avait initié une pétition ayant recueilli 460 signatures. Il exigeait notamment une révision du projet et des évaluations d’impacts sur la sécurité aux abords de l’école. Il prévoyait déposer sa pétition le jour même de la séance.
« Bravo aux élus d’avoir suivi le gros bon sens qui est celui de faire en sorte que la sécurité de nos élèves du primaire prime », a-t-il réagi, rappelant que l’école de La Montagne accueille 660 élèves, et que deux autres écoles primaires se trouvent à moins d’un kilomètre.
M. Leclerc plaidait pour que la MRC cède une portion du terrain à l’école, et que ce site serve prioritairement à améliorer les conditions scolaires, en agrandissant la cour, en sécurisant les accès et en permettant une meilleure organisation de la circulation, afin, dit-il, de réduire l’improvisation qui caractérise actuellement ce secteur sous pression.
Selon lui, le 11, rue Principale, n’était tout simplement pas « l’endroit idéal pour pouvoir ajouter autant de convergences », suggérant un plan B à la MRC tel que la possibilité d’un autre terrain ou l’agrandissement en hauteur de l’actuel siège social à Sainte-Adèle.
Nouvelle étape
La MRC évalue à 1,6 M$ les sommes déjà engagées, incluant l’achat de deux terrains, la planification, l’évaluation du projet et les honoraires professionnels.
Catherine Hamé juge indispensable une nouvelle mise à jour financière, en tenant compte des projections actualisées, du taux d’intérêt d’aujourd’hui, ainsi que de la réalité économique du moment, sans compter que les citoyens font déjà face à l’inflation et à la hausse du coût de la vie. « Il faut faire attention [sur la manière] d’utiliser cette subvention-là, qu’on veut garder d’ailleurs, qu’on va travailler pour garder, mais il faut tenir compte de tout ça », insiste la préfète.
Catherine Hamé et la directrice générale Mylène Perrier ont reçu le mandat d’entreprendre des discussions avec la Ville de Saint-Sauveur sur l’avenir du terrain. Aucune orientation n’est confirmée à ce stade.

MOTS-CLÉS
MRC des Pays-d'en-Haut
Saint-Sauveur
Luc Martel
catherine hamé