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Chantal Verdon mène des recherches et des travaux au campus jérômien de l’UQO sur la perte d’un enfant et l’impact sur les parents.

La perte d’un enfant pour les parents: «Il faut arrêter de banaliser le deuil…» -Chantal Verdon

Comme le veut le principe, un parent ne devrait jamais survivre à son enfant.

Malheureusement, c’est trop souvent le cas.

C’est sur ce sujet que se penchent depuis quelques années Francine De Montigny et Chantal Verdon, professeures au Département des sciences infirmières de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), campus Saint-Jérôme.

Les deux dames ont témoigné mardi dernier (30 octobre) devant un comité de la Chambre des communes qui se penche sur le soutien aux familles après la perte d’un enfant.

Le comité étudie des questions touchant l’emploi, le travail, la sécurité du revenu, le développement des compétences et les personnes handicapées, ainsi que les programmes administrés par Emploi et Développement social Canada. Il œuvre également à déterminer les manières que le gouvernement canadien peut aider les familles qui vivent le deuil de leur enfant.

Mesdames de Montigny et Verdon ont présenté leurs recherches et ont émis leurs avis et leurs recommandations concernant le soutien aux familles lors du décès d’un enfant, plus particulièrement lors d’un décès périnatal (la perte d’un bébé de sa conception, au moment de sa naissance).

À cette occasion, elles ont pu exposer les nombreuses répercussions d’un décès dans la vie des familles en dressant un portrait exhaustif des effets sur la santé mentale, la santé physique et plusieurs aspects socio-économiques influençant toutes les provinces canadiennes; des résultats issus de travaux financés par la Chaire psychosociale du Canada et le Centre d’études et de recherche en intervention familiale (CERIF) piloté par la professeure de Montigny.

Le deuil des pères

«On ne sait pas comment ça se vit le deuil d’un enfant. Selon le lien (de la personne avec l’enfant), je me dis que ça prendra le temps que ça prendra. On dit souvent que la vie continue, mais ça se peut qu’elle se soit arrêtée à un moment donné?» souligne Chantal Verdon, au cours d’une entrevue accordée à Infos Laurentides, s’étonnant qu’il n’existe aucun programme à cet égard à Santé Canada.

Pourtant, il y a tellement lieu, selon elle, de bonifier le support aux proches, entre autres les pères qui se trouvent dépourvus quand le drame survient.

On le comprend d’ailleurs très bien à travers le documentaire «Quand passe la tempête, le deuil des pères» réalisé par Francine De Montigny et Chantal Verdon et qu’on peut visionner au https://www.youtube.com/watch?v=kW_cQMqfIhM

C’est d’autant plus important. du fait qu’on estime qu’environ 20 % des grossesses se terminent par un décès périnatal.

Ce qui fait dire à Chantal Verdon «comment ça se fait que les intervenants ne sont pas outillés?Il faut développer les services partout au Canada.

On veut que Santé Canada envoie un message clair à l’effet qu’il faut arrêter de banaliser le deuil».

D’ailleurs, au campus de Saint-Jérôme, on offre une formation aux infirmières praticiennes sur le plan de l’approche des parents en cas de décès  périnatal. On en forme ainsi une cinquantaine par année.

C’est d’autant plus important, note Mme Verdon, du fait que «les interventions teintent la trajectoire du deuil…»

Car, comme le soulignait Mme de Montigny lors d’une entrevue à l’émissionQue l’Outaouais se lève  (104,7 FM), la perte d’un enfant a un impact certain sur la santé mentale des parents et même sur leur estime de soi.

Mme de Montigny parlait aussi de la perte d’un emploi dans les mois qui ont suivi le décès d’un enfant, parce que le parent n’était pas aussi performant qu’avant.

«Il faut faire de la place à la mort dans notre société» opine Mme de Montigny, soulignant que quelque 100 000 familles par année au Canada sont touchées par la mort d’un enfant.

 

 

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