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Lac Jérôme prise 2

MATHIEU LOCAS

Je ne le répète jamais assez, j’apprécie recevoir vos commentaires. Ils sont souvent éclairants par rapport à votre point de vue. Je dois cependant avouer qu’il y a une constance quand vient le temps de parler de développement immobilier à Saint-Jérôme. Le principe «pas dans ma cour», camouflé sous le thème de l’environnement, demeure récurrent. Je me souviens d’un échange de courriels avec un lecteur l’été dernier.

«Monsieur Locas, la Ville ne pense pas à l’environnement en coupant des arbres pour satisfaire des riches promoteurs immobiliers».

Je vous épargne les détails mais plus loin dans l’échange je lance :

-Vous servez-vous de votre bac brun de compostage?

«Non, ça pue trop, surtout en été avec les vers blancs et ratons qui viennent le renverser»

-Le terme environnement semble donc élastique dans votre cas!!

Je n’ai jamais eu de réplique à ce dernier commentaire!

Ce qui me ramène au dossier du développement des terrains entourant le Lac Jérôme dont j’ai parlé récemment.

Quand je vois des résidents du quartier Montmartre dénoncer ce projet, je suis perplexe face à leurs convictions environnementales.

Au tournant des années 2010, ces opposants saluaient la coupe d’arbres derrière les rues Martine et Bertie afin que le groupe Voyer-Tremblay (même groupe que Trémä) puissent leur construire une maison. Mais, quand vient le temps de construire un toit à de nouvelles familles qui cherchent à s’établir ici, c’est un scandale.

Quelle est la différence entre les arbres coupés derrière les rues Martine et Bertie et ceux encore debout derrière les rues Rochechouart ou Custine.  Aucune!

Il s’agit de la même forêt mixte point final.

Pour ces opposants, ce qui était bon pour «pitou» n’est vraisemblablement pas bon pour «minou».

La pandémie nous a fait faire un 180 degrés dans bien des domaines. Le télétravail a eu une conséquence sur le marché immobilier de tous les grands centres.

Un notaire de Saint-Jérôme me disait récemment qu’une transaction sur 3 correspondait à des gens qui fuient Montréal. La hausse soudaine de la valeur des propriétés est là pour le prouver.

Un terrain de 5000pi2 vacant dans un quartier résidentiel de l’ancien Saint-Jérôme représente une aubaine s’il se vend en bas de 100 000$.

Les opposants au projet pressent la Ville d’acheter les terrains du promoteur, sans même avancer un prix. On parle de millions de pieds carrés et des dizaines de millions de dollars. Le budget de Saint-Jérôme est de 150M$. Trouvez-vous logique de payer 40M$, 50M$ ou 75M$ pour faire de ces terrains une zone protégée? Mathématiquement, j’ai hâte qu’on me fasse la démonstration que ce potentiel achat ne se fera pas sans hausse de taxes ou diminution de services. Sans oublier les revenus de taxes pour 4000 unités perdues annuellement ainsi que les démêlés devant les tribunaux.

Et si ce projet n’est pas construit à Saint-Jérôme, il ira où. Prévost, Sainte-Sophie, Mirabel ou Saint-Colomban. Quelle est la différence en matière environnementale entre couper des arbres à Prévost, scrapper une terre agricole à Mirabel ou le sujet du jour?

Outre le «pas dans ma cour», je ne vois pas.

Et si le projet va ailleurs, le phénomène «trou de beigne» va continuer à coûter plus cher en frais de police, problèmes sociaux et de réseau routier pour Saint-Jérôme.

Même si je suis en faveur du projet, je ne suis pas en train de dire qu’on doit donner les clés de la ville au promoteur. Saint-Jérôme doit se ressaisir et avoir l’air moins amateur sur le volet urbanisme que sur le volet communication. La Ville a tellement mal géré cet aspect que le groupe Trémä a récemment embauché le cabinet de relation publique National pour démêler l’affaire.

Il y aura une présentation sous peu du projet. Même si Trémä embauche la firme Rousseau-Lefebvre, spécialisée dans l’urbanisme durable. Même si le futur site Web permettra aux citoyens de poser toutes les questions sur le projet. Même si le quartier favorisera plusieurs types de transport. Même si les bâtiments construits seront à la fine pointe de la technologie environnementale. Ça ne passera pas pour certains car… c’est dans leur cour.

 

 

 

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail.com

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