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L’accès aux plans d’eau, un enjeu qui gagne du terrain dans les Laurentides

Photo Phoeby Laplante – 80 % de la population québécoise serait favorable à l’idée d’avoir accès gratuitement aux cours d’eau pour la baignade, d’après un sondage Léger.

L’accès aux plans d’eau, un enjeu qui gagne du terrain dans les Laurentides

Publié le 12/10/2026

Alors que plus de huit Québécois sur dix se disent favorables à un accès gratuit aux cours d’eau pour la baignade, la Fondation Rivières et Canot Kayak Québec souhaitent que la question de l’accès aux berges demeure à l’agenda du prochain gouvernement.

Pour André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières, l’enjeu ne se limite pas à la possibilité de se baigner. Il concerne plus largement la possibilité pour les citoyens de rejoindre les plans d’eau.

Une étude publiée en juin dernier par les chercheurs de l’Université de Montréal, Sébastien Rioux et Rodolphe Gonzalès, à partir de données cadastrales et hydrographiques, a notamment documenté l’enclavement des plans d’eau. La Fondation Rivières rapporte que près de 40 % des lacs publics étudiés seraient enclavés à 100 % par des propriétés privées.

En entrevue, M. Bélanger souligne que les données permettent de distinguer la perception du problème de sa dimension mesurable.

« L’étude montre que ces expériences-là, c’est un problème systémique. C’est un problème à l’échelle du Québec. »

Selon lui, la situation est particulièrement préoccupante dans les secteurs situés à proximité des grands centres, où la croissance résidentielle et la densification accentuent les besoins en accès à la nature.

« Les gens des Laurentides n’ont pas eux-mêmes accès. Ils sont dans le bois, mais ils n’ont pas accès », résume-t-il.

Les Laurentides au cœur de la réflexion

M. Bélanger cite notamment les changements démographiques observés dans plusieurs municipalités des Laurentides. Selon son analyse, des municipalités autrefois composées en grande partie de propriétaires saisonniers comptent maintenant davantage de résidents permanents qui ne possèdent pas nécessairement une propriété riveraine.

Le communiqué de la Fondation Rivières souligne également que certaines municipalités et MRC ont déjà manifesté leur appui aux objectifs de l’Alliance pour l’accès à la nature, notamment la MRC des Pays-d’en-Haut, qui comprend Sainte-Anne-des-Lacs.

Pour Emmanuel Laferrière, directeur général de Canot Kayak Québec, la question se pose aussi pour les amateurs de canot, de kayak et de planche à pagaie.

L’organisme travaille notamment avec des municipalités dans le cadre de son projet de Route bleue afin de développer des points d’accès pour les activités de pagaie. L’objectif est éventuellement d’intégrer certains de ces accès à la planification territoriale municipale.

Les deux organismes soulèvent également la question de la responsabilité civile, notamment lorsqu’un propriétaire souhaite permettre l’accès à sa propriété.

Parmi les pistes évoquées figurent une révision de ce cadre et des mesures incitatives pour les propriétaires qui permettraient des accès.

« Il faudrait alléger cette partie-là. De cette façon-là, les gens qui veulent donner accès […] pourraient vraiment avoir des crédits d’impôt », souligne-t-il.

Un enjeu qui s’invite dans le débat politique

La question de l’accès à la nature s’inscrit également dans les discussions sur les orientations du prochain gouvernement.

Pour rappel, en juin 2026, une dizaine d’organisations de la société civile ont formé l’Alliance pour l’accès à la nature, qui réclame notamment des mesures pour faciliter l’accès aux lacs, aux rivières et aux milieux naturels.

La Fondation Rivières et Canot Kayak Québec souhaitent maintenant que les municipalités et le gouvernement travaillent de concert afin de trouver des solutions adaptées aux réalités locales.