Une formation complète sur trois ans qui mènera à la diplomation d’une première cohorte d’environ 81 professionnels des soins d’urgence au printemps 2028.
La direction du CLG et l’ensemble des membres enseignants dédiés à cette nouvelle formation ont inauguré officiellement le programme SPU (Soins préhospitaliers d’urgence) mercredi dernier en présence de la directrice du cégep de Saint-Jérôme, Nadyne Le Gal. C’est que son établissement a conclu une entente avec le CLG qui lui permettra de bénéficier de l’expertise de son Centre collégial de Mont-Laurier, qui offre déjà le programme SPH depuis 2021.
Le nouveau programme a exigé un investissement de 1 227 194 $ pour acquérir l’équipement nécessaire en plus de l’aménagement des locaux qui s’est chiffré à 1 600 000 $, sommes principalement financées par le ministère de l’Enseignement supérieur.
En ce qui a trait spécifiquement à la formation de paramédic, on mise sur l’apprentissage pratique du métier. Durant six sessions, les étudiants suivront 1 515 heures de laboratoire et 690 heures de cours théoriques auxquelles s’ajoutent des stages sur cinq sessions.
« C’est un grand accomplissement dans la vie d’un cégep de démarrer un nouveau programme d’études. Ça fait longtemps qu’on veut démarrer notre programme de soins préhospitaliers d’urgence. Ça fait longtemps qu’on en parle. Et c’est une façon concrète de remplir notre mission d’accessibilité à l’enseignement supérieur, notre mission aussi de répondre aux besoins du marché. Démarrer un programme, c’est aussi favoriser l’avancement des savoirs, de se positionner dans le secteur de la santé ici, dans les Laurentides », affirme Philippe Nasr, le directeur de l’établissement collégial de Sainte-Thérèse.
Pour une main-d’œuvre locale
Ce dernier admet que son établissement n’offrait pas suffisamment de programmes en services de santé et services sociaux, il y a encore quelques années. Mais les choses bougent au Collège Lionel-Groulx depuis son arrivée à la tête de la direction de l’établissement.
« Vous le savez, on a développé notre programme de soins infirmiers, on a développé notre programme de technique d’éducation à l’enfance. Et puis notre programme de soins préhospitaliers d’urgence qu’on vous présente aujourd’hui.
Ce dernier s’est dit particulièrement fier d’offrir à ses futurs étudiants la possibilité d’apprendre un métier qui souffre d’une pénurie de main-d’œuvre. Surtout qu’il anticipe une belle occasion de garder de futurs paramédics dans la région une fois diplômée.
« Le fait d’offrir le programme ici fait en sorte que des étudiants s’inscrivent dans le programme, persévèrent, réussissent et font leur stage ici, puis veulent ensuite pratiquer ici, dans la région. Ça fait toute une différence. C’est pour ça qu’on a travaillé très, très fort conjointement avec (le cégep) Saint-Jérôme. »
Important partenariat
Un partenariat qui s’est vite révélé essentiel, selon M. Nasr. « Il y a des besoins ici, dans les Basses-Laurentides, mais il y a des besoins aussi dans les Hautes-Laurentides », estime-t-il.
« On a 95 étudiants qui sont avec nous à Sainte-Thérèse (depuis l’automne) et qu’on puisse l’offrir aussi à Mont-Laurier avec la collaboration du Cégep de Saint-Jérôme, c’est la première fois qu’on a une collaboration de délocalisation de programmes ».
« Ce partenariat marque une avancée majeure dans l’accessibilité du parcours collégial en soins préhospitaliers d’urgence », a laissé savoir Mme Le Gal. C’est qu’une partie du programme de Mont-Laurier devait être complétée en Abitibi. L’entente convenue avec le CLG permettra ainsi aux étudiants de suivre leur formation entièrement à Mont-Laurier puisque l’on disposera des effectifs enseignants de Sainte-Thérèse aussi. « Ce partenariat illustre parfaitement la force que l’on peut avoir. Le développement de cette entente s’est fait dans un esprit de synergie, de complémentarité et ça, je tiens à le dire », a commenté Mme Le Gal.
Le nouveau pavillon Louise-Harel, où se dérouleront les cours, dispose de laboratoires multifonctionnels et d’immersion, servant à l’apprentissage et à la mise en pratique de simulations cliniques. On y trouve notamment deux voitures modifiées et destinées à l’apprentissage des techniques d’intervention en cas d’accidents de la route, en plus de trois modules de soins et de leurs équipements aux fins d’exercices de simulation, tandis que les installations du campus de Mont-Laurier comprennent deux ambulances.
Formation multidisciplinaire
En fait, la formation des étudiants intègre plusieurs disciplines dites « contributives » : biologie humaine, psychologie, chimie pour la pharmacologie ainsi que des notions d’anthropologie.
« Une personne que l’on va aider, c’est multifactoriel. Un problème de santé, c’est rarement une seule composante, donc c’est important de voir la personne dans un tout et on l’applique tout de suite au collège. Donc nos compétences ne sont pas en silo, mais dans une approche holistique globale. On voulait axer le programme vers la pédagogie active et on a réussi ; c’est à peu près 70 % des heures techniques qui sont données en laboratoire ou en stage et on a réussi à prévoir 450 heures de stages réparties sur cinq sessions. Nos étudiants vont toujours être en action sur le terrain », a pour sa part indiqué Samuel Girard, enseignant et coordonnateur du PSU.
Les étudiants bénéficient également de l’accès au centre de simulations en soins infirmiers. Une partie tout de même importante de leur formation puisqu’ils sont tenus d’apprendre certaines techniques d’intervention médicales d’urgence : défibrillation pour personnes en arrêt cardiaque, administration de certains médicaments (sept molécules permises pour le moment, dont la Nitroglycérine, le Salbutamol et le médicament renversant l’intoxication aux opiacés), utilisation d’un laryngoscope et techniques de blocage du corps pour accidentés de la route. Sans oublier l’accouchement. En fait, la liste des interventions permises est très large, surtout en situation d’extrême urgence.
« Et la dernière couleur importante pour nous, c’est la bienveillance envers soi, mais aussi envers les personnes aidées », promet Samuel Girard.

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