Selon Mercédez Roberge, coordonnatrice de la TRPOCB, les relations avec le ministère de la Santé et Santé Québec se sont considérablement détériorées depuis la création du Programme de soutien aux organismes communautaires.
« Ça ne va pas vite. On se sent de moins en moins écoutés et les décisions semblent se prendre sans véritable dialogue avec les organismes communautaires », dit-elle .
Les deux organisations affirment avoir demandé une rencontre à la ministre Sonia Bélanger le 31 mars dernier afin de discuter des problèmes soulevés quelques semaines plus tôt auprès de représentants du ministère et de Santé Québec.
Un rôle transformé depuis Santé Québec
Mercédez Roberge soutient que les regroupements communautaires ont historiquement joué un rôle d’interlocuteurs auprès du gouvernement dans l’application du PSOC. Or, selon elle, cette fonction s’est progressivement réduite.
« On travaillait avec le ministère et avec Santé Québec. Plus ça va, plus Santé Québec est devenu le gestionnaire du programme. Les grands sujets sont constamment reportés et on a l’impression d’être toujours en attente. »
Elle déplore que plusieurs rencontres se déroulent sans que les organismes aient accès aux documents de travail ou aux informations nécessaires pour participer pleinement aux discussions.
Un financement jugé insuffisant
Selon la TRPOCB et la CTROC, la modification de la période de calcul a fait passer l’indexation de 2,1 % à 1,8 %, ce qui représente une perte de financement importante pour des organismes déjà fragilisés. Les organisations dénoncent un manque de 1,7 milliards de dollars pour le financement des organismes communautaires.
« Nos groupes vivent déjà une pression énorme, s’inquiète-t-elle. Les coûts augmentent plus rapidement que le financement, et ça se traduit par des postes non comblés et des compressions. Il manque annuellement un financement important pour la mission globale des organismes. Cette enveloppe doit être comblée pour répondre aux besoins réels de la population ».
La TRPOCB propose également de remplacer le mécanisme actuel d’indexation par un indice de fonctionnement communautaire, qui refléterait davantage les réalités des organismes, notamment l’importance des coûts liés à la main-d’œuvre.
À quelques mois des prochaines élections provinciales, Mercédez Roberge espère que les partis politiques s’engageront à rétablir un véritable dialogue avec le milieu communautaire.
Ensemble, la TRPOCB et la CTROC représentent plus de 3 000 organismes communautaires autonomes œuvrant en santé et services sociaux à travers le Québec.

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