Réunis lors d’un point de presse, les intervenants ont rappelé que cette fiducie, élaborée depuis 2019 et créée en 2024, vise à offrir des logements abordables aux travailleurs, aux étudiants et à la population locale tout en garantissant leur pérennité. Si les terrains sont identifiés et les partenaires mobilisés, le projet demeure suspendu à une adaptation des programmes gouvernementaux de financement.
Le préfet de la MRC des Laurentides et président de la fiducie, Marc L’Heureux, a soutenu que le milieu a répondu à la demande gouvernementale d’innover, mais que cette innovation se heurte aujourd’hui aux critères administratifs.
« Depuis 2019, nous recevons un cri du cœur du milieu. Des travailleurs incapables de se loger, des employeurs incapables de combler leurs postes et des étudiants qui ne peuvent venir étudier au Centre collégial de Mont-Tremblant », a-t-il affirmé.
Selon lui, les partenaires régionaux ont créé « un modèle autonome, unique et avant-gardiste », mais celui-ci demeure inadmissible aux programmes actuels en raison de sa gouvernance et de la mixité de sa clientèle.
« L’enjeu de l’habitation est au-delà des simples critères de programme. C’est la survie d’un territoire dont il est question », a plaidé M. L’Heureux, invitant le gouvernement à « adapter sa machine administrative » afin d’accompagner les initiatives issues des communautés.
Le président du Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides et maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, a rappelé que le gouvernement avait lui-même demandé aux municipalités de proposer des solutions innovantes.
« La fiducie, c’est une innovation qui avait été demandée par la ministre », a-t-il souligné. « « Le logement abordable est un enjeu qui joue directement sur le développement économique du Québec. Stimuler une offre adaptée aux étudiants et aux travailleurs est essentiel pour assurer la croissance de notre région », a-t-il déclaré.

L’éducation préoccupée par l’accès au logement
La directrice générale du Cégep de Saint-Jérôme, Patricia Tremblay, a insisté sur les répercussions de la crise du logement sur l’accès aux études supérieures.
« Ce projet d’habitation abordable est un modèle audacieux qui démontre comment les partenaires de l’éducation, des affaires et du monde municipal peuvent se mobiliser pour trouver des solutions concrètes », a-t-elle indiqué.
Elle rappelle que le Centre collégial de Mont-Tremblant accueillera une rentrée record cet automne, après une croissance de 110 % de sa population étudiante en trois ans.
« L’accessibilité aux études supérieures passe notamment par la possibilité pour nos étudiantes et étudiants d’avoir accès à des logements abordables. L’ajout de 28 chambres viendra combler un besoin déjà grandement présent. C’est maintenant qu’il faut agir », a-t-elle soutenu.
Les entreprises peinent à recruter
Le président de la Chambre de commerce du Grand Mont-Tremblant, Francis Du Berger, estime que le manque de logements est devenu l’un des principaux obstacles au recrutement. Selon lui, la fiducie démontre qu’il est possible « de travailler autrement » en réunissant les acteurs économiques, municipaux et communautaires autour d’une même vision.
Même constat du côté de la Corporation de développement économique de la MRC des Laurentides.
Son président, Gabriel Savard, affirme que le logement est devenu « l’un des principaux défis de notre développement ».
« Soutenir le logement abordable, ce n’est pas seulement construire des logements. C’est soutenir nos entreprises, nos travailleurs, nos étudiants et investir dans l’avenir économique de toute la MRC des Laurentides », a-t-il résumé.
Pour William Azeff, administrateur représentant les commerçants de l’Association de villégiature de Tremblant et propriétaire de plusieurs entreprises touristiques, la situation est déjà bien tangible.
Il affirme avoir perdu à plusieurs reprises des employés incapables de trouver un logement dans la région. Selon lui, la région aura besoin d’environ 18 000 travailleurs d’ici 2041.
« Sans une offre suffisante de logements abordables, nous risquons de freiner notre développement économique. Nous souhaitons maintenant pouvoir compter sur un engagement du gouvernement à la hauteur de la mobilisation du milieu », a conclu M. Azeff.
À l’issue du point de presse, les intervenants ont insisté sur le fait que les municipalités, les établissements d’enseignement, les entreprises et les organismes de développement ont déjà fait leur part pour élaborer une solution. Ils demandent maintenant au gouvernement du Québec d’adapter ses programmes afin que la fiducie puisse passer rapidement de la planification à la réalisation des premiers logements.

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