Derrière cette initiative, se cache une réalité fragile : celle des milliers de bébés prématurés qui, chaque année au Québec, luttent pour survivre dès leurs premiers instants. L’initiative a pris de l’ampleur au fil du temps, amassant en moyenne, plus de 200 000 $ annuellement.
Au Québec, environ 6 000 bébés naissent prématurément, soit près de 7 % des naissances. Ces nouveau-nés, plus vulnérables, nécessitent des soins spécialisés en néonatalogie pour espérer grandir sans séquelles.
Une cause portée par l’expérience
C’est dans ce contexte que l’engagement de Mélanie Grégoire prend tout son sens. Son fils Laurent est né à 30 semaines de grossesse — une expérience qui a profondément marqué son parcours.
« S’il était né il y a 30 ans, avec sa condition pulmonaire, il n’aurait peut-être pas survécu. Je suis très reconnaissante envers les gens qui ont contribué à faire avancer la recherche avant moi, car je leur dois la vie de mon fils », confie-t-elle.
Au fil des années, les témoignages reçus de partout au Québec ont renforcé son implication. « On ne parle pas souvent de néonatalogie, et pourtant, ce sont plus de 6 000 familles qui sont touchées. »
Une réalité encore méconnue
« On ne s’attend pas à avoir un enfant prématuré. C’est un choc, et on est propulsé en néonatalogie sans vraiment savoir ce que c’est. On doit tout apprendre au moment même où ça arrive », explique Mélanie Grégoire.
À cette réalité s’ajoute une autre contrainte souvent sous-estimée : l’accès aux soins spécialisés. Au Québec, seuls certains centres hospitaliers, notamment à Montréal, Québec et Sherbrooke, peuvent accueillir les bébés nés avant 32 à 34 semaines.
Pour plusieurs familles, cela signifie des transferts sur de longues distances, parfois à des centaines de kilomètres du domicile — une épreuve supplémentaire dans un contexte déjà fragile.
L’épreuve de la néonatalogie
Une fois en néonatalogie, le quotidien s’organise autour des soins intensifs nécessaires à la survie et au développement de l’enfant.
Tests, examens et interventions médicales se succèdent, alors que le bébé poursuit sa croissance à l’extérieur de l’utérus.
Du côté des parents, le temps semble suspendu.
« Ce sont beaucoup de journées d’angoisse, d’attente et d’appréhension. Et même une fois sortis de l’hôpital, il peut y avoir plusieurs réhospitalisations ou des opérations », souligne Mélanie Grégoire.
La sortie de l’hôpital, souvent perçue comme une étape charnière, ne marque pas toujours la fin du parcours. Pour plusieurs, les suivis médicaux et les inquiétudes se prolongent bien au-delà des premiers mois de vie.
Une campagne en pleine croissance
Cette année, un cap important devrait être franchi, alors que la campagne pourrait dépasser le million de dollars recueillis au profit de la néonatalogie au Québec.
Les sommes sont réparties entre la recherche et les unités néonatales des régions où les plantes sont vendues, contribuant directement à améliorer les soins offerts aux nouveau-nés. Dans la région, des points de vente participent également à l’initiative, dont Botanix Jardin Dion.
« C’est contribuer à offrir aux prochains bébés prématurés la chance de bien grandir… et d’avoir, eux aussi, la chance que mon fils a eue », résume Mélanie Grégoire.

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Mélanie Grégoire
Mois des bébés plantes