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Mont-Tremblant : Faut-il freiner le développement?

Photo Phoeby Laplante – Pura Vida Tremblant, un projet d’auberge » à deux immeubles, devait être au départ un projet de maison unifamiliale, lors de l’obtention du premier permis en 2021.

Mont-Tremblant : Faut-il freiner le développement?

Publié le 27/08/2026

Les tensions entourant le développement de Mont-Tremblant se sont invitées au conseil municipal du 10 août, alors que des élus et des citoyens s’opposent sur la façon d’encadrer les projets immobiliers et sur la composition du comité consultatif d’urbanisme (CCU).

Les conseillers Jean-Luc Trahan et Billie-Jeanne Graton ont réclamé un moratoire sur la mise en chantier des projets en cours, jusqu’à l’adoption du nouveau plan d’urbanisme, attendu en janvier 2027.

Deux projets immobiliers alimentent notamment le débat. Le projet Pura Vida Tremblant, géré par l’entrepreneur Joseph Zakher, fondateur de Guru, a obtenu son permis de construction en novembre 2021. Des élus critiques du projet remettent aujourd’hui en question son évolution, d’une maison unifamiliale de deux étages à deux immeubles destinés à la location à court terme, avec piscine sur le toit et ascenseur.

Le projet Habitat Mont-Tremblant avait pour sa part été refusé par le CCU, notamment pour des préoccupations liées à la préservation des paysages naturels et du couvert forestier, avant d’être accepté par le conseil municipal à la suite d’un amendement au projet.

Rue arborée de Tremblant avec abribus, lampadaires noirs, paniers de fleurs roses et murets en pierre
Photo Phoeby Laplante – Certains citoyens du secteur Mont-Plaisant sont inquiets de l’arrivé du projet immobilier Habitat Mont-Tremblant, de 16 unités.

Sans vision commune

Le conseiller du district 1, Jean-Luc Trahan, affirme que le principal problème auquel fait face la municipalité dépasse largement le cadre de projets particuliers et découle plutôt, selon lui, d’un manque de vision claire pour son développement futur.

Trahan dit avoir commencé à s’interroger sérieusement sur la croissance de Mont-Tremblant après avoir pris connaissance d’une étude municipale sur l’habitation publiée en 2024, selon laquelle la capacité du réseau d’égouts pluviaux dans le village aurait atteint sa « capacité maximale ».

« On ne peut pas simplement regarder chaque dossier et dire : on va gérer ça au cas par cas, exprime-t-il. Il faut un plan. »

Il estime donc que les projets actuellement à l’étude doivent être analysés non seulement à la lumière de la réglementation existante, mais aussi de leurs conséquences à long terme. Billie-Jeanne Graton, conseillère du district 2, questionne notamment le développement du projet Pura Vida Tremblant.

« Si notre réglementation permet ça, elle est complètement à revoir. »

Elle évoque également la situation des voisins qui pourraient voir apparaître, à proximité de leur résidence, des constructions beaucoup plus imposantes que ce qu’ils avaient initialement anticipé.

« Le voisin qui s’est bâti une maison selon la réglementation, avec deux étages, se retrouve avec ça dans sa cour ailleurs. »

Des divergences autour du CCU

De son côté, celle qui préside le CCU affirme qu’une divergence importante existe entre la vision portée par le comité et certaines décisions prises par le conseil municipal. Selon elle, cette divergence politique aurait poussé le conseil municipal à ajouter un conseiller supplémentaire au CCU, principalement composé de citoyens aux compétences multiples en urbanisme, en ingénierie et en architecture, afin d’accroître son influence sur le comité.

« Le but est zéro d’être politique », dit-elle.

Pour la présidente du CCU, l’objectif devrait donc être de construire des logements réellement accessibles aux personnes qui travaillent à Mont-Tremblant, plutôt que de simplement augmenter le nombre d’unités disponibles, tout en préservant les lacs, les forêts et les paysages de Mont-Tremblant.

« Protéger Mont-Tremblant, c’est aussi protéger l’économie à long terme », affirme-t-elle.

Sur la question de l’ajout de deux citoyens et d’un élu municipal au CCU, le maire de Mont-Tremblant, Pascal De Bellefeuille, défend plutôt l’idée d’un comité plus représentatif des différentes réalités du territoire.

« L’idée, c’est de rajouter un ou une conseillère pour aider ses collègues, soutient-il. C’est un bonus. Je veux dire, la loi sur l’urbanisme permet ça. »

Il rappelle cependant que le CCU demeure un organisme consultatif et que la décision finale revient au conseil municipal.

Lac calme bordé de collines boisées, quelques bateaux près de la rive et un rocher émergent sous un ciel nuageux
Photo Phoeby Laplante – Le projet Habitat Mont-Tremblant se situe aux abords du lac Maurice, dont l’écosystème est fragilisé.

Le maire défend les décisions du conseil

Face aux critiques, le maire de Mont-Tremblant, Pascal De Bellefeuille, rejette l’idée d’une municipalité en perte de contrôle et défend les décisions du conseil municipal en évoquant la recherche d’un équilibre entre protection du territoire, logement et développement.

Tout en reconnaissant qu’il existe des incompréhensions autour des projets discutés, M. De Bellefeuille estime que certaines informations véhiculées publiquement donnent une image incomplète de la réalité.

Alors que certaines critiques ont décrit le projet Pura Vida Tremblant comme un complexe hôtelier de luxe en raison de ses services d’ascenseur et de piscine sur le toit, Pascal De Bellefeuille conteste fermement cette appellation.

« Selon les règlements, ce n’est pas un complexe hôtelier de luxe. Ce sont deux maisons à location à court terme, qui sont permises dans le règlement d’urbanisme de la Ville de Mont-Tremblant depuis très longtemps », affirme-t-il.

Pour le projet Habitat Mont-Tremblant, le moratoire demandé ne serait pas une solution appropriée, selon le maire.

« Il y a des citoyens qui ont des projets personnels, de retraite, pour installer leur maison et qui ne peuvent rien faire depuis trois ou quatre ans », affirme-t-il.

M. De Bellefeuille affirme que la révision du plan d’urbanisme est déjà en cours.

« Plus de 190 mémoires ont été déposés dans le cadre de cette démarche », rappelle Pascal De Bellefeuille. Selon lui, cette participation démontre l’intérêt des citoyens pour l’avenir de leur ville et les contributions recueillies doivent alimenter la réflexion municipale.

Une demande d’accès à l’information sera déposée pour accéder à ces mémoires.

Un nouveau plan d’urbanisme pour les prochaines décennies

La Ville travaille actuellement à une importante refonte de son plan d’urbanisme. Le document actuel remonte à 2008 et ne correspondrait plus entièrement aux réalités actuelles du territoire.

Les divergences exprimées autour des projets immobiliers et du développement de Mont-Tremblant surviennent ainsi alors que la Ville prépare un nouveau plan d’urbanisme destiné à orienter son développement pour les prochaines décennies.