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Mont-Tremblant prépare l’avenir de ses sentiers

Photo Iona Mousli Mont-Tremblant : Une nouvelle gouvernance pour les sentiers

Mont-Tremblant prépare l’avenir de ses sentiers

Publié le 11/06/2026

La Ville de Mont-Tremblant amorce un changement important dans la gestion de son réseau de sentiers.

Après un hiver marqué par une fréquentation soutenue, un sondage record et une forte mobilisation citoyenne, elle entreprend l’élaboration d’un plan d’affaires visant à évaluer la création d’un organisme à but non lucratif (OBNL) qui prendrait en charge une partie du réseau.

Un hiver sous la neige

La saison hivernale a donné du fil à retordre aux équipes responsables de l’entretien des sentiers. Lors d’une séance d’information, Guillaume Gissinger, directeur du réseau Sentiers Mont-Tremblant, a rappelé que les opérations avaient commencé bien avant l’arrivée officielle de l’hiver.

« A partir du 12 novembre, on avait déjà commencé les opérations de damage », a t-il indiqué.

Les pistes de ski de fond sont demeurées ouvertes jusqu’au 6 avril, soit environ 140 jours, alors que le réseau de fat bike a été accessible pendant 104 jours.

Les importantes chutes de neige ont toutefois compliqué le travail des équipes. « On a eu 346 centimètres d’accumulation de neige, soit 80 % de plus que l’année dernière », a souligné Gissinger.

Selon Nicolas Bottreau, régisseur des sentiers et responsable du réseau de vélo de montagne et de plein air, les interventions ont été nombreuses tout au long de la saison.

« On a eu beaucoup de damage de soir, en fin de soirée, et parfois à 4 h du matin », a t-il expliqué.

L’entretien de la machinerie a également été essentiel. « Notre dameuse a été entretenue avec beaucoup d’amour cette année », a mentionné Bottreau. L’ajout d’un véhicule tout-terrain sur chenilles a permis d’effectuer certains travaux légers lorsque les conditions le permettaient.

Un sondage qui trace la voie

Le sondage réalisé en décembre sur l’avenir du secteur Grey Rocks a attiré près de 2 000 répondants.

« On a eu presque 2 000 répondants au sondage, un record pour la Ville », a affirmé Gissinger.

Avec un taux de complétion de 65 %, la consultation a permis de mieux cerner les attentes des usagers. Les résultats révèlent un profil polyvalent : plusieurs pratiquent à la fois la randonnée, la raquette et le vélo de montagne.

Les répondants privilégient des sentiers intermédiaires offrant une expérience immersive en nature, des points de vue et des aires de repos. Du côté du vélo de montagne, les préférences se répartissent relativement également entre les adeptes d’enduro et de cross-country.

Parmi les demandes récurrentes figurent la connectivité entre les secteurs, la réouverture du chalet Wheeler, le retour du ski de randonnée alpine et le maintien de l’accès aux chiens.

Sur ce dernier point, Gissinger a lancé un avertissement aux usagers.

« Ramasser les crottes de vos chiens, c’est très important, parce que sans ça, on va devoir arrêter cette activité là », a t-il averti.

La gestion des sentiers en transformation

La principale annonce de la soirée concerne toutefois la gouvernance du réseau.

La Ville entreprend la réalisation d’un plan d’affaires afin d’évaluer la création d’un OBNL qui pourrait prendre en charge la gestion des sentiers municipaux, notamment dans le secteur Grey Rocks.

« Si l’orientation est de se diriger vers un OBNL, ça doit se faire avant tout avec la réalisation d’un plan d’affaires », a expliqué Gissinger.

Le projet viserait uniquement les sentiers municipaux situés sur des terrains publics ou sur des servitudes appartenant à la Ville. Les réseaux exploités sur des terrains privés ainsi que le Domaine Saint-Bernard demeureraient exclus.

Cette réflexion s’appuie notamment sur les orientations du Plan directeur des sentiers, qui met de l’avant la gestion durable, l’adaptation aux changements climatiques, la diversification des revenus, la capacité d’accueil et la mobilisation citoyenne.

Pour une destination touristique majeure comme Mont-Tremblant, la question de la pression exercée sur le réseau devient de plus en plus importante. La Ville estime qu’une structure adaptée pourrait mieux soutenir le développement et l’entretien des infrastructures à long terme.

Le plan d’affaires doit être présenté au conseil municipal d’ici la fin de l’année.

Des bénévoles au rendez-vous

Le printemps a également été marqué par une forte participation des bénévoles et des clubs de plein air.

« Cette année, on a eu 225 heures de travaux en sentier faites en deux matinées », a indiqué Bottreau.

Depuis le début de la saison, près de 689 heures de travaux ont été réalisées afin de dégager les arbres tombés, améliorer le drainage, sécuriser les parcours et accélérer l’ouverture du réseau.

Cette contribution s’avère particulièrement importante après un hiver prolongé et une période de dégel plus courte qu’à l’habitude.

Bottreau rappelle toutefois que le respect des fermetures saisonnières demeure essentiel.

« Il y a des trous de boue qui n’ont jamais réussi à sécher parce qu’il y a du trafic constamment dedans », a t-il illustré.

Une année charnière

Au cours des prochains mois, l’équipe poursuivra les travaux d’entretien, de drainage et de mise à niveau des sentiers. Les opérations de « summer grooming » amorcées l’an dernier seront également reconduites afin de faciliter l’entretien hivernal.

Entre un hiver exceptionnel, une consultation citoyenne record et un possible changement de gouvernance, l’année 2026 pourrait marquer un tournant pour le réseau de sentiers de Mont-Tremblant.

« On a maintenant un portrait clair de la population et de ce qu’elle attend », a résumé Gissinger.

Le plan d’affaires attendu d’ici la fin de l’année déterminera la suite des choses pour un réseau qui cherche à concilier développement, conservation et qualité de l’expérience de plein air.

Photo Iona Mousli – Présentation du bilan hivernal et des orientations 2026 du réseau de sentiers à Mont-Tremblant.