Leur pétition vise à créer un temps d’arrêt pour réfléchir collectivement à l’aménagement du territoire.
L’objectif n’est pas de freiner le plein air, mais de s’assurer que les interventions respectent la forêt, les milieux naturels et la capacité du territoire à absorber de nouveaux usages. L’organisme insiste sur une démarche pacifique et constructive, centrée sur la protection du vivant et la gestion responsable des ressources collectives.
Selon l’organisme, les pressions se multiplient dans divers secteurs, dont Mont-Roland, Mont-Loup-Garou, Quatre-Versants, Mont-du-Rocher et Mont-Baldy. Des sentiers tranquilles deviennent des pistes de vélo, certains tracés sont élargis à la machinerie et des aménagements plus lourds modifient les milieux naturels. Deux Pieds Une Terre précise que sa demande ne vise pas les sentiers pédestres légers, mais les interventions nécessitant coupe d’arbres et machinerie, qui peuvent avoir des impacts durables sur les écosystèmes.
Réunir les acteurs
L’organisme souhaite réunir la Ville, Plein air Sainte-Adèle, les organismes de conservation, les propriétaires privés et les citoyens autour d’une même table. Il demande explicitement la création d’une table de concertation afin de définir une vision commune : où protéger, où développer, où implanter des sentiers et comment préserver les milieux sensibles. « On veut s’asseoir et définir un plan commun », dit Karine Steinberger, fondatrice de Deux Pieds Une Terre, qui estime qu’un plan clair permettrait d’éviter les réactions improvisées et de réduire les tensions entre les différents usages du territoire.
La mairesse Nadine Brière confirme avoir pris connaissance de la pétition et reconnaît la sensibilité du sujet. Elle explique toutefois qu’un moratoire complet serait difficile à appliquer, notamment parce que certains sentiers doivent être déplacés en raison de projets immobiliers déjà en cours. Sans ces ajustements, le réseau pourrait être coupé ou certains quartiers privés d’accès. La Ville évalue aussi la possibilité de réduire l’usage de machinerie en privilégiant, pour deux nouveaux sentiers de vélo, des aménagements plus rustiques en collaboration avec Plein air Sainte-Adèle (PASA). La mairesse rappelle également que 75 % des sentiers se trouvent sur des terrains privés et que la Ville fait confiance à PASA depuis plus de 35 ans pour l’entretien manuel des tracés.
La Ville déjà en action
Sainte-Adèle révise actuellement ses règlements de zonage et prévoit cinq consultations citoyennes pour permettre à la population de participer à la réflexion. La Ville a déjà imposé des moratoires sur les nouvelles rues et les constructions de trois logements et plus, afin d’évaluer les impacts sur les infrastructures et les services. Elle élabore aussi un plan structuré pour protéger les milieux naturels, incluant les milieux humides, les bassins versants et les habitats fauniques. La mairesse insiste sur une approche transversale où chaque service municipal intègre les enjeux environnementaux dans ses décisions.
Pour l’organisme comme pour la Ville, l’enjeu dépasse la seule question des sentiers. Il touche à l’identité de Sainte-Adèle, à la qualité de ses milieux naturels et à la manière dont la municipalité souhaite se développer. La pétition appelle à une réflexion collective, tandis que la Ville affirme vouloir collaborer et écouter les préoccupations. Les deux parties partagent un objectif commun : préserver la richesse naturelle du territoire et planifier son avenir de façon cohérente et durable.

MOTS-CLÉS
Sainte-Adèle
Saint-Sauveur
Moratoire
Deux pieds une terre
Nadine brière
PASA