L’annonce a été faite par Michel Gagnon, conseiller municipal et porte-parole de la Commission de la sécurité publique, ainsi que Carla Pierre-Paul, conseillère municipale et porte-parole en matière communautaire, les deux sont membres du parti Avenir Saint-Jérôme.
Cette annonce a suscité la surprise, notamment au sein du Mouvement Jérômien, dont les deux élus, ainsi que les deux conseillers indépendants, n’avaient pas été informés de l’initiative. Selon eux, cette démarche a été menée en vase clos, sans consulter les acteurs clés du milieu communautaire, les élus et les citoyens directement concernés.
Une approche jugée opaque et opportuniste
Le Mouvement Jérômien plaide depuis plusieurs années pour la mise en place d’un plan d’action structurant en matière d’itinérance. Rémi Barbeau déplore que l’administration municipale ait ignoré les demandes précédentes, et estime que la majorité actuelle s’était jusque-là ralliée à une solution unique : la Hutte.
« La Hutte est un outil important, mais elle ne constitue pas une solution unique. Il y a une diversité de besoins parmi les personnes en situation d’itinérance, et plusieurs d’entre elles ne cadrent pas dans les services actuels. » — Rémi Barbeau.
« Une situation aussi complexe que l’itinérance mérite mieux que des coups de théâtre politiciens visant à soigner leur image en prévision de l’élection de cet automne. » — Rémi Barbeau.
Un appel à une approche concertée
Jacques Bouchard, conseiller municipal du Mouvement Jérômien dans Lafontaine, souligne l’importance d’une collaboration entre toutes les instances concernées.
« La situation des personnes vulnérables et l’itinérance exigent une concertation de toutes les forces jérômiennes : organismes communautaires, secteur de la santé, police, élus municipaux. Nous devons unir nos efforts pour renforcer notre filet social et élaborer une stratégie globale qui inclut tout le monde. Jouer avec cet enjeu pour marquer des points politiques est non seulement irresponsable, mais aussi indigne d’une gestion municipale sérieuse. » — Jacques Bouchard.
Le Mouvement Jérômien s’engage à mettre sur pied une table de concertation stable et pérenne avec l’ensemble des partenaires afin d’élaborer des solutions durables et humaines face à l’itinérance.
« Il est temps de faire les choses autrement : avec transparence, respect et une approche inclusive qui reconnaît l’expertise de ceux qui œuvrent sur le terrain au quotidien. » — Rémi Barbeau.
Avenir Saint-Jérôme répond aux accusations
En réaction aux critiques, Martin Pigeon, chef du parti Avenir Saint-Jérôme et candidat à la mairie aux élections de novembre 2025, a rejeté toute accusation d’opportunisme politique.
« Une chose est certaine, ce n’est pas de l’opportunisme politique. Carla Pierre-Paul préside la commission du communautaire et Michel Gagnon préside celle de la sécurité publique, c’est clairement dans leur mandat. » — Martin Pigeon.
Il affirme que cette discussion a eu lieu à l’interne avant d’être annoncée en conseil municipal. « Oui, c’est une discussion qui a été faite entre les membres d’avenir Saint-Jérôme et c’est simplement l’idée qui a été partagée à la séance du conseil, rien n’a été imposé. Quand l’idée se concrétisera, elle sera apportée officiellement à tous les membres du conseil pour en débattre si nécessaire et le vote sera demandé. », explique M. Pigeon.
« Ce sujet avait été discuté en équipe la semaine précédente. Quand je parle d’équipe, je parle de la mienne. » — Martin Pigeon.
Il insiste : le processus démocratique a été respecté.
« Ce n’est pas en vase clos, nous sommes huit, ils sont deux et ils prennent leurs décisions ensemble. » — Martin Pigeon.
Il conclut en affirmant que l’administration municipale agit dans l’intérêt des citoyens.
Michel Gagnon, qui a pris la parole pour parler d’un plan d’action sur l’itinérance, explique qu’il est là pour faire avancer les dossiers.
M. Gagnon est conscient que le communautaire fait des choses, que la police fait des choses et il aimerait mettre tout le monde en même temps sur le même diapason et avoir quelqu’un qui est en charge, avoir une équipe en place avec un plan d’action qui est dirigé pour trouver les meilleures solutions tous ensemble.
« Le message que je lance, c’est que c’est une idée positive qui est embryonnaire et je crois que c’est une idée qui peut faire son chemin et qui peut être bien reçue par la ville. C’est une déception pour moi de voir qu’une bonne idée peut entraîner cette forme de pensée là, de dire qu’on fait de l’opportunisme alors que c’est embryonnaire, je m’attendais plus à avoir leur aide pour la réalisation de cette idée, que leur critique. » — Michel Gagnon
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