Cette année, le Siivim, qui en était à sa quatrième édition québécoise, réunissait des municipalités autour de solutions innovantes. « Le but est de parler d’innovation et de rassurer les municipalités qu’il y a des entreprises qui développent des solutions qui pourraient répondre à leurs problématiques. C’est de leur amener une vague d’optimisme », résume Benoît Balmana, directeur général (DG) chez IVÉO, organisme sans but lucratif ayant pour mission d’accélérer l’innovation municipale, et coorganisateur du Siivim.
L’événement a accueilli plus de 600 participants, dont des élus et d’autres acteurs issus « de la direction et des services » des municipalités, ainsi que 80 exposants, principalement des entreprises, répartis dans ses deux espaces « d’innovation » situés au Fairmont Tremblant et au Chalet des congrès. « Au Fairmont, les solutions présentées portent sur la transformation organisationnelle, donc comment peut-on amener des changements à long terme dans une organisation, alors que l’autre site porte plus sur l’optimisation des opérations », explique-t-il.
Le coorganisateur s’est remémoré la première édition du Sommet dans la province, qui a eu lieu en 2019 à Shawinigan, en Mauricie. « Nous avions environ 200 personnes convaincues de l’innovation municipale, alors que cette année, nous sommes plus de 600. Peut-être qu’à l’époque, les contraintes municipales étaient moins fortes qu’aujourd’hui », estime le DG.
Benoît Balmana relève quatre contraintes principales qui, selon lui, « poussent les villes à revoir leurs processus » et, par conséquent, à innover. « Les budgets municipaux sont limités, alors que les coûts d’opération augmentent, l’environnement avec la gestion de l’eau, par exemple, la pénurie de main-d’œuvre, puis la pression citoyenne pour avoir des services de qualité et rapides », détaille-t-il.

Les exposants ont présenté leurs innovations aux représentants municipaux réunis à Mont-Tremblant.
Enjeux grandissants
Croisé sur place, le maire de Saint-Colomban, qui préside le Conseil des préfets et des élus de la région des Laurentides, participait à l’événement en raison de « son rôle de président de la Commission de l’innovation et de la transformation numérique de l’Union des municipalités du Québec », mais aussi par « curiosité », pour s’inspirer d’autres municipalités.
« Nous sommes ici beaucoup pour trouver des solutions à nos problèmes, comme la gestion des données, l’amélioration de l’efficacité au sein de l’administration et en aménagement du territoire, par exemple. Il y a aussi tout le volet de l’intelligence artificielle pour améliorer la qualité de vie et le processus décisionnel », mentionne Xavier-Antoine Lalande.
« Le défi, c’est de trouver du financement permettant de prendre un risque et de se donner la chance d’échouer. C’est une culture, l’innovation, et ça se développe. Innover, ce n’est pas toujours avoir du succès, mais c’est de comprendre comment l’atteindre. En échangeant avec d’autres municipalités, c’est apprendre des autres et ne pas reproduire les mêmes erreurs », croit-il.
France-Québec
L’événement était également une occasion de réseautage entre le Québec et la France, où la première édition du Siivim est née en 2018 à Nevers. L’Agglomération de Nevers a également coorganisé l’édition de Mont-Tremblant avec Mission Ecoter, qui accompagne les collectivités territoriales françaises dans leur transformation numérique, environnementale et en matière d’innovation. « Ça nous permet de créer des liens avec des élus français pour éventuellement collaborer et échanger sur nos réalités », illustre M. Lalande.
Des réalités qu’Alain Melka, DG de la Mission Ecoter, qualifie de similaires entre la province et la France en matière d’innovation municipale. « Il y a l’intelligence artificielle. Les problèmes de la santé. Les données et la cybersécurité », nomme-t-il.
Pour M. Melka, ces similitudes montrent que le moment est « venu » de se rapprocher. Deux jumelages ont d’ailleurs été signés lors du Sommet, indique Benoît Balmana. L’un d’eux lie la MRC des Pays-d’en-Haut et le Pays de Montbéliard. « Le jumelage, c’est un territoire québécois qui collabore avec un territoire français pour échanger de bonnes pratiques et des solutions sur une problématique commune. Par exemple, la MRC des Laurentides travaille sur le tourisme durable avec l’agence française Cap Sud 66 – Perpignan Méditerranée (depuis 2023) », explique-t-il.

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