Menée par Denis Réale, professeur au Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), cette recherche vise à répondre à une question soulevée par des citoyens : la présence humaine croissante autour des lacs influence-t-elle le succès reproducteur des plongeons huards?
Le projet est financé par le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT) et repose sur la participation de citoyens scientifiques capables d’observer les populations de plongeons directement sur leur lac.
« Une résidente des Laurentides, passionnée par les plongeons, s’est inquiétée des impacts humains sur leur reproduction, a remarqué M. Réale. J’ai été mis en contact avec elle et, ensemble, nous avons développé un projet pour étudier cette question ».
Comprendre le déclin du succès reproducteur
À l’échelle canadienne, le succès reproducteur du plongeon huard aurait diminué de 1,4 % par année depuis 1992, à l’exception du Québec. Une situation qui intrigue les chercheurs et qui pourrait s’expliquer par un manque d’échantillonnage au Québec.
« Pour l’instant, notre hypothèse principale est que les plongeons au Québec ont été moins étudiés, affirmait M. Réale. L’augmentation des échantillonnages grâce aux bénévoles va nous aider à mieux comprendre les différences régionales ».
Comme les plongeons huards sont des oiseaux territoriaux, un lac accueille généralement peu de couples reproducteurs. Pour obtenir un portrait représentatif, les chercheurs doivent donc couvrir un grand nombre de plans d’eau, une opération qui n’est possible qu’avec un grand nombre de bénévoles.
Les activités humaines dans la mire
La recherche s’intéresse notamment aux effets possibles de la villégiature et des loisirs nautiques sur les oiseaux.
Les chercheurs analyseront plusieurs facteurs : la construction autour des lacs, la navigation de plaisance, la pêche, les sports nautiques comme le wakeboard ainsi que la présence générale de visiteurs.
« Ces activités peuvent causer du stress ou des perturbations susceptibles d’affecter le succès reproducteur des plongeons », soutient-il.
Pour Denis Réale, cette collaboration entre scientifiques et citoyens pourrait permettre de mieux protéger l’un des symboles des lacs québécois.
« Le potentiel est grand pour mieux comprendre comment les activités humaines et les changements environnementaux influencent les populations de plongeons », dit-il.
Les participants ont été invités à observer leur lac entre juin et septembre, à raison d’environ deux heures par mois. Ils devaient avoir accès à un lac des Laurentides, noter la présence de plongeons adultes et de jeunes oiseaux, mais aussi documenter les activités humaines, comme le trafic de bateaux et l’utilisation du bord du lac.

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