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Projet immobilier à Saint-Sauveur : La ville met fin au PPCMOI

Photo : Phoeby Laplante et Ville de Saint-Sauveur – Saint-Sauveur abandonne le PPCMOI

La grogne citoyenne force l’arrêt du projet

Projet immobilier à Saint-Sauveur : La ville met fin au PPCMOI

Publié le 20/08/2026

Après avoir vu près d’un millier de personnes mécontentes se présenter au chalet Pauline-Vanier, la Ville de Saint-Sauveur a décidé de mettre fin au processus de projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) concernant le projet résidentiel sur la rue Principale.

La colère était palpable lors de la soirée du 11 août à Saint-Sauveur, où une assemblée publique devait avoir lieu, portant notamment sur le controversé projet immobilier de 26 logements sur 4 étages au 389, rue Principale, présenté par Construction Pierre-Fillion. Celle-ci a dû être ajournée après que l’affluence eut largement dépassé la capacité d’accueil du chalet Pauline-Vanier et que la réunion n’ait pu se poursuivre comme prévu.

La salle, limitée à 200 personnes, s’est rapidement remplie, laissant plus de 600 résidents à l’extérieur, dont certains frappaient aux fenêtres pour entrer.

Pour plusieurs citoyens présents sur place, cette situation illustre une mobilisation inhabituelle autour du développement de Saint-Sauveur. Ils souhaitaient pousser la Ville à revoir le projet, voire à l’annuler complètement. D’autres faisaient circuler une pétition dans laquelle on invitait le maire Luc Martel à démissionner.

« Je ne pense pas que je n’ai jamais eu d’assemblée où il y avait autant de monde, a constaté un participant. »

Un autre citoyen estime que le message envoyé à la municipalité était difficile à ignorer.

« Pour moi, la population leur dit un message assez fort. S’ils ne sont pas capables de le voir, il n’y a rien à comprendre pour eux-autres », a-t-il lancé.

Dans une salle de réunion sombre, une personne écoute les échanges entre plusieurs participants assis autour d’elle, ambiance studieuse
Photo : Phoeby Laplante — Le maire et le conseil municipal ont décidé de mettre fin au processus de PPCMOI concernant le projet.

Le maire réagit à la mobilisation

Du côté du maire de Saint-Sauveur, Luc Martel, la présence de près d’un millier de personnes est le signe, selon lui, que le projet n’a pas actuellement l’acceptabilité sociale requise pour aller de l’avant tel quel. Toutefois, il critique l’attitude de certains citoyens, qui, selon lui, ont manqué de civisme tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il déplore également que d’autres n’aient pas pu exprimer leur opinion.

Il maintient que la famille Fillion « sait qu’il y a un manque criant d’hébergement » et qu’il ne faut pas fermer la porte à un projet de logement sur la rue Principale en raison de sa proximité avec les commerces et les services.

La municipalité doit par ailleurs composer avec des enjeux liés aux infrastructures, notamment les réseaux d’égouts, dont la modernisation dépend en partie du financement gouvernemental.

Dans une rue bordée d’arbres, une foule dense se rassemble et regarde attentivement devant elle, dans une lumière sombre
Photo : Phoeby Laplante — Plus de 600 personnes étaient à l’extérieur, plusieurs d’entre elles souhaitant entrer pour exprimer leur désaccord avec le PPCMOI.

Une commerçante inquiète pour le centre-ville

La mobilisation entourant le développement immobilier survient dans un contexte où certains commerçants disent eux aussi s’inquiéter de l’évolution de Saint-Sauveur.

La commerçante Chantal Matte, installée dans la municipalité depuis plusieurs décennies, a récemment interpellé le maire Luc Martel et les membres du conseil dans une lettre consacrée à la vitalité économique du centre-ville.

Elle estime que les difficultés météorologiques du printemps 2026 ont déjà fragilisé plusieurs entreprises. Elle déplore aussi la disparition du festival latin et du week-end country qui, selon elle, contribuaient directement à l’achalandage du centre-ville.

« La période estivale, c’est notre revenu annuel, explique-t-elle. Parce que nous autres, en janvier, il n’y a rien qui se passe. Quand j’ai appris [la nouvelle], les genoux m’ont plié, dit-elle. C’est comme les deux plus gros événements quand on fait le plus de profits annuels. »

M. Martel avance que la Ville n’a pas de contrôle sur la vente au détail et que la région se situe actuellement dans une conjoncture économique qui affecte l’ensemble des commerces.

Une résolution officialisant la décision du conseil de mettre fin au PPCMOI sera soumise pour adoption lors du conseil ordinaire du 19 août.