Dévoilé par le gouvernement, le Plan d’action 2026-2031 vise à mieux soutenir les personnes qui accompagnent un proche en perte d’autonomie, malade ou vivant avec une limitation. La majeure partie des investissements sera consacrée aux services directs, afin d’améliorer l’accès au soutien et de répondre à une demande croissante.
La ministre responsable des Aînés et ministre déléguée à la Santé, Sonia Bélanger, rappelle que « les proches aidants jouent un rôle essentiel dans notre société ». Elle ajoute qu’« ils méritent d’être reconnus, soutenus et accompagnés », soulignant que plusieurs assument cette responsabilité sans demander d’aide.
Le plan vise également à mieux structurer l’accès aux ressources afin de répondre à l’évolution des besoins et à la complexité grandissante des situations de proche aidance.
Miser sur la reconnaissance et le répit
Le plan d’action s’articule autour de quatre priorités. La première vise à favoriser la reconnaissance et l’auto-reconnaissance des proches aidants, puisque plusieurs ignorent encore qu’ils remplissent ce rôle.
Le deuxième axe prévoit davantage d’information, de formation et de transfert de connaissances afin de mieux orienter les personnes concernées vers les ressources disponibles.
Le troisième concerne directement les services de santé et les services sociaux, notamment le répit, le soutien psychosocial et l’accompagnement. Enfin, le quatrième entend favoriser des milieux de travail et d’études plus conciliants afin de permettre un meilleur équilibre entre les responsabilités personnelles, professionnelles et celles liées à la proche aidance.
Pour Proche aidance Québec, ces orientations répondent à des besoins bien connus du milieu. L’organisme souligne que la reconnaissance officielle des proches aidants a contribué à faire évoluer les mentalités, mais estime que des attentes importantes demeurent, particulièrement en matière de services de répit.
Une pression bien réelle dans les Laurentides
Dans les Laurentides, les organismes observent une pression grandissante sur les familles. Bien qu’aucun portrait régional exhaustif ne soit disponible, les données de l’Institut de la statistique du Québec montrent que 27 % des Québécois de 15 ans et plus soutiennent un proche. Les intervenants estiment que cette proportion pourrait être comparable, voire supérieure dans la région, en raison du vieillissement de la population et des réalités propres aux territoires ruraux.
L’Antr’Aidant rappelle que « les proches aidants sont au cœur du maintien à domicile ». L’organisme souligne également que « plusieurs s’épuisent avant même de se reconnaître comme proches aidants », retardant ainsi l’accès aux services et compliquant la prévention de l’épuisement.
Le plan prévoit aussi des mesures destinées aux jeunes proches aidants, une clientèle souvent moins visible, notamment par l’entremise d’outils de sensibilisation et de services adaptés à leur réalité.
Les défis de la mise en œuvre
Les organismes communautaires des Laurentides espèrent que les sommes annoncées permettront d’améliorer concrètement l’accès au répit et au soutien psychosocial. Plusieurs secteurs de la région font toujours face à des listes d’attente importantes, tant dans le réseau public que dans le milieu communautaire.
Les réalités rurales demeurent également un défi. Dans certains secteurs, obtenir du répit ou consulter un service spécialisé exige de longs déplacements, ce qui ajoute un fardeau aux proches aidants. Les organismes souhaitent que le plan favorise le développement de solutions plus souples et mieux adaptées aux réalités régionales. Ils réclament également un financement plus stable des ressources communautaires. Le CISSS des Laurentides pourrait notamment être appelé à jouer un rôle important dans la coordination des services.
Si les orientations sont généralement bien accueillies, plusieurs intervenants rappellent que leur succès dépendra de leur déploiement sur le terrain. Le manque de personnel, les délais d’accès aux services et la difficulté à joindre les personnes qui ne s’identifient pas comme proches aidants demeurent des enjeux importants.
La ministre Sonia Bélanger affirme que « notre objectif est de mieux soutenir les proches aidants, partout au Québec ». Les modalités de mise en œuvre régionales doivent être précisées au cours de la prochaine année.

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