Avec cette transaction, la municipalité souhaite préserver un vaste espace vert, maintenir des activités récréatives et éventuellement développer un accès public à l’eau. Baptisé parc Arbic-Beaubien, le site devrait être accessible dès cet hiver, tandis que sa vocation à long terme reste à définir.
Annoncée le 29 octobre par le maire Xavier-Antoine Lalande, l’acquisition s’inscrit dans une vision de planification à long terme, alors que le secteur est appelé à évoluer au cours des prochaines décennies.
« Pour nous, il y a un accès à l’eau. On vient pérenniser des activités récréatives qu’on en ferait déjà. Ça nous permet aussi de développer une servitude de conservation. Donc, il y a un objectif environnemental, il y a un objectif récréatif puis il y a un objectif de développement d’activités aquatiques », a expliqué le maire en entrevue.
La transaction comprend le lac Capri, un plan d’eau artificiel de 5,36 hectares. La Ville souhaite déterminer comment rendre cet espace accessible à la population tout en préservant ses caractéristiques naturelles.
Selon les explications du maire, le montage financier prévoit le recours à un surplus non affecté et à un fonds réservé aux acquisitions, de sorte que l’emprunt nécessaire serait limité à 200 000 $.

Une acquisition pour les prochaines générations
Pour Xavier-Antoine Lalande, la valeur de l’acquisition se mesurera surtout avec le temps, à mesure que le territoire évoluera.
« Cette valeur-là, la valeur de l’acquisition, elle va atteindre son plein potentiel dans 20, 30, 40 ans », a-t-il déclaré lors de l’annonce.
Le maire associe le projet à des objectifs de résilience climatique. La préservation d’un vaste espace vert pourrait notamment contribuer à limiter les îlots de chaleur et à favoriser la gestion des eaux de ruissellement. La Ville souhaite également accroître la biomasse sur son territoire en développant éventuellement une forêt communautaire, à laquelle les citoyens pourraient participer.
Près de la moitié du terrain devrait être destinée à une servitude de conservation, selon le maire. Les limites exactes de cette portion restent toutefois à établir.
« La moitié du site va être destiné à une servitude de conservation qui va quand même permettre des usages. C’est pas une conservation pure. […] C’est simplement qu’il va être destiné à une reforestation, un reboisement qu’on va vouloir développer avec la communauté », a-t-il précisé.
Les modalités de cette servitude et les usages qui pourront y être autorisés restent à déterminer.
Le lac au cœur des projets
L’accès à l’eau constitue un autre objectif de l’acquisition. Le maire souligne que, malgré la présence de nombreux lacs artificiels sur le territoire, les possibilités d’accès public demeurent limitées.
« Démocratiser l’accès à l’eau, c’est un objectif qu’on a à cœur depuis des années. Je pense que c’est la consécration de cette vision-là qui s’inscrit dans l’acquisition du terrain et du lac », a-t-il affirmé.
La Ville envisage notamment de permettre des activités nautiques non motorisées, comme la planche à pagaie, le canot et le kayak. Le maire souligne qu’une partie des rives du lac ne borde pas de propriétés privées, ce qui pourrait offrir différentes possibilités d’aménagement.
Ces activités ne sont toutefois pas encore en place. Les conditions d’accès au lac et les installations nécessaires devront être précisées dans les prochaines étapes de planification.
Des sentiers pour l’hiver
La Ville prévoit de maintenir l’accès au site pour la prochaine saison hivernale, comme c’était le cas les années précédentes grâce à une entente avec le Golf Capri.
Selon le communiqué municipal, les sentiers devraient être répartis entre le ski de fond et la marche ou la raquette afin de faciliter la cohabitation entre les usagers. La municipalité souhaite également diversifier progressivement les activités pour que le parc puisse être fréquenté en toute saison.
La vocation définitive du parc Arbic-Beaubien n’est cependant pas arrêtée. La Ville affirme qu’aucun plan d’aménagement n’est encore dessiné et entend se donner le temps de réfléchir aux usages à privilégier, tout en laissant une marge de manœuvre aux générations futures.
« Ce site-là, il est à développer, il est à rêver », a résumé Xavier-Antoine Lalande.
Pour lui, l’appropriation du lieu par la population sera essentielle à sa préservation.
« Mais la clé, quand on acquiert un site aussi grand, c’est comment on s’assure que les gens se l’approprient et surtout qu’ils le respectent. […] Il va falloir réfléchir aux usages à développer pour que les gens se sentent comme chez eux puis qu’ils le protègent comme chez eux », a-t-il indiqué en entrevue.
Un financement principalement municipal
L’acquisition de 4,45 M$ sera financée en grande partie à même les ressources déjà disponibles de la Ville, selon les explications du maire.
Xavier-Antoine Lalande a également précisé que le prix payé concerne les terrains et n’inclut pas la valeur du bâtiment. La Ville n’exclut pas de solliciter de nouveaux partenaires financiers ni des programmes de subvention pour soutenir certains projets futurs, notamment l’aménagement d’une forêt communautaire.
Les prochaines étapes devront préciser les mesures de conservation, les activités autorisées et les aménagements qui permettront de concilier accès public, loisirs et protection du milieu naturel.

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