La modification concerne un secteur qui était jusqu’ici associé à une vocation de conservation. Pour le maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, il s’agit d’un retour à la fonction initialement envisagée pour ces terres.
« En rétablissant un zonage agricole sur cette portion du territoire, nous corrigeons une erreur historique qui avait attribué une vocation de conservation à des terrains voués à des fins agricoles depuis la fondation de la Ville », affirme-t-il.
La zone visée se situe à l’extrémité des Basses-Terres du Saint-Laurent, un secteur reconnu pour la qualité de ses sols. Une telle caractéristique demeure relativement rare à Saint-Colomban, dont une grande partie du territoire repose sur le Bouclier canadien.
Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec citées par la Ville, les Laurentides ont perdu 36 km² de terres agricoles entre 2000 et 2010. La décision municipale s’inscrit donc dans un contexte régional marqué par la pression exercée sur les espaces cultivables.
Des conditions favorables à la culture
Dans une vidéo diffusée par la Ville, le maire souligne plusieurs caractéristiques naturelles qui ont motivé cette réaffectation. Le secteur est notamment situé à proximité de la rivière du Nord, dont les crues printanières contribuent à l’irrigation naturelle des terres.
« Avec les inondations printanières qui surviennent à chaque année, c’est un territoire extrêmement propice pour l’agriculture », explique-t-il.
Le versant nord du chemin de la Rivière-du-Nord présente également des conditions favorables à l’acériculture. Selon le maire, l’alternance entre les nuits froides et les journées ensoleillées, essentielle à la production de sirop d’érable, est particulièrement présente dans ce secteur.
Certaines parcelles y ont déjà été exploitées, ce qui confirme, selon la Ville, le potentiel agricole du territoire.
Une modification sans contestation
Comme les terrains concernés ne faisaient pas partie d’une zone agricole décrétée, la Ville n’avait pas à obtenir l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec pour procéder au changement de zonage.
Une consultation publique a toutefois été tenue conformément aux exigences réglementaires.
« Comme pour tous les changements de zonage, il y a eu une consultation publique. Il n’y a pas eu d’opposition », précise Xavier-Antoine Lalande.
La nouvelle affectation fait désormais de l’agriculture l’usage principal du secteur, conformément aux orientations d’aménagement adoptées par la municipalité.
Un terrain municipal pour stimuler les projets
Au cœur de cette zone réaffectée, la Ville possède un terrain d’environ quatre hectares qu’elle souhaite consacrer à des initiatives agricoles.
Aucun projet précis n’a toutefois été annoncé et aucun calendrier n’a encore été établi pour sa mise en valeur.
« Il n’y a pas d’échéancier précis à ce jour », indique le maire.
La municipalité n’entend pas lancer d’appel de projets formel pour le moment, mais affirme demeurer ouverte aux propositions provenant de citoyens, d’organismes ou d’entreprises intéressés à développer une activité agricole sur le site.
« Nous n’avons pas de préférence… nous demeurons très ouverts », résume-t-il.
Miser sur le développement agricole
Au-delà du changement réglementaire, la Ville souhaite envoyer un signal en faveur du développement agricole sur son territoire.
« On n’a pas le luxe d’en avoir beaucoup sur le territoire, donc d’envoyer le message que le zonage maintenant l’encourage, c’est important », rappelle le maire dans la vidéo.
Situé à proximité de la route 158, de l’autoroute 50 et de Mirabel, le secteur pourrait offrir de nouvelles possibilités à des producteurs ou à des porteurs de projets intéressés par des exploitations de plus petite superficie.

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