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Saint-Sauveur freine le développement pour son réseau d’assainissement

Photo La Ville de Saint Sauveur – Le règlement provisoire adopté par Saint-Sauveur vise à éviter la surcharge du réseau d’assainissement, dont la capacité approche sa limite.

Saint-Sauveur freine le développement pour son réseau d’assainissement

Publié le 13/03/2026

Saint-Sauveur freine temporairement le développement immobilier afin d’éviter la surcharge de son usine d’assainissement, dont la capacité atteint déjà 97,5 %.

Adopté lors de la séance du 18 février, le règlement provisoire 942-25 suspend toute intervention susceptible d’augmenter les rejets d’eaux usées dans le périmètre urbain.

La Ville justifie cette décision par une étude de la Régie d’assainissement des eaux usées Saint-Sauveur et Piedmont. Celle-ci confirme que les installations fonctionnent à près de leur limite, alors que les normes recommandent de ne pas dépasser 95 % de la capacité afin de maintenir une marge de sécurité dans l’exploitation du réseau.

La croissance soutenue du territoire exerce une pression de plus en plus importante sur l’usine, conçue pour traiter en moyenne 6 823 m³ d’eaux usées par jour. Les analyses récentes démontrent que la capacité réelle se rapproche désormais de la limite nominale, ce qui rend la gestion de la charge plus délicate pour les responsables du réseau.

Dans ce contexte, la Ville estime nécessaire de ralentir temporairement la densification afin d’éviter une surcharge du système et de prévenir des impacts environnementaux, notamment dans la rivière du Nord. Le Programme triennal d’immobilisations 2026-2028, qui prévoit 75,9 M$ d’investissements, témoigne d’ailleurs de l’ampleur des travaux envisagés pour moderniser et adapter les infrastructures municipales.

Le règlement 942-25 prévoit notamment la suspension de la construction de nouveaux bâtiments, de l’ajout de logements, de certains agrandissements, des changements d’usage ainsi que du prolongement des réseaux d’égout et des rues. La mesure pourrait demeurer en vigueur pendant une période maximale de 24 mois et être renouvelée si les études en cours confirment la nécessité d’augmenter la capacité du réseau avant de reprendre un rythme normal de développement.

Exceptions prévues

Certaines interventions demeurent toutefois permises. Les travaux d’entretien, la reconstruction après sinistre ou encore les projets commerciaux pouvant démontrer qu’ils n’entraîneront aucune augmentation du débit d’eaux usées pourront être autorisés. Les demandes complètes déposées avant l’avis de motion pourraient également être acceptées, tout comme les projets municipaux ou gouvernementaux liés à la sécurité ou au bien-être du public.

Le moratoire entraîne néanmoins une période d’incertitude pour plusieurs projets résidentiels et commerciaux. Les promoteurs devront ajuster leurs échéanciers, tandis que les citoyens pourraient observer un ralentissement du rythme des nouvelles constructions dans les prochains mois.

« Les gens viennent s’établir à Saint-Sauveur pour la qualité de notre milieu de vie. Ce règlement est un geste de prudence : nous refusons de prendre le risque de surcharger le réseau au détriment de la rivière du Nord, de nos quartiers et de notre environnement », affirme le maire Luc Martel.

En parallèle, la municipalité poursuit plusieurs interventions visant à réduire l’apport d’eaux parasitaires dans le réseau. Parmi celles-ci figurent le retrait de puisards connectés au réseau sanitaire, des travaux de colmatage et de réfection de rues ainsi que l’installation d’un système de recirculation pour les jeux d’eau du parc John-Molson. Ces actions s’ajoutent aux essais à la fumée et aux débranchements réalisés au cours des dernières années.

Une consultation publique se tiendra le 23 mars à 19 h afin de présenter le règlement, les mesures déjà mises en place et les étapes envisagées pour augmenter la capacité du réseau. Les citoyens pourront y poser leurs questions et exprimer leurs préoccupations, alors que la Ville amorce une planification à plus long terme pour assurer la pérennité de ses infrastructures.