Adopté par la Ville, le Plan directeur du bassin versant du Grand ruisseau prévoit 31 actions d’ici 2031. Présentée lors du Sommet des Laurentides, la démarche mise sur une gestion intégrée de l’eau, une approche qui pourrait inspirer d’autres municipalités de la région.
Plutôt que de traiter séparément les problèmes observés dans les cours d’eau, la municipalité a choisi d’étudier l’ensemble du bassin versant, soit le territoire dont les eaux s’écoulent vers un même réseau hydrographique.
« Pour nous, la force de ce plan réside principalement dans l’échelle à laquelle l’analyse a été effectuée, soit celle du bassin versant », explique Mélanie Lauzon, directrice générale de l’Organisme de bassin versant de la rivière du Nord. « On ne s’intéresse pas uniquement aux cours d’eau, mais à l’ensemble du territoire qui contribue à l’eau qui y circule. »
Des enjeux qui dépassent Saint-Sauveur
Le bassin versant du Grand ruisseau couvre près de 2 474 hectares. Il comprend des dizaines de kilomètres de cours d’eau, de nombreux plans d’eau et des milieux humides qui contribuent au maintien de la biodiversité et à la gestion naturelle des eaux de pluie.
Les enjeux auxquels le plan s’attaque se retrouvent ailleurs dans les Laurentides : érosion des berges, protection des bandes riveraines, espèces exotiques envahissantes, risques d’inondation et qualité de l’eau. Pour les municipalités, ces préoccupations doivent être prises en compte dans l’aménagement du territoire et la protection des milieux naturels.
Le maire de Saint-Sauveur, Luc Martel, présente la démarche comme une occasion d’agir à l’échelle locale tout en favorisant une mobilisation régionale.
« Avec ce plan, Saint-Sauveur a fait le choix d’agir dès maintenant. On démontre qu’une municipalité peut faire une réelle différence avec la biodiversité et inspirer un mouvement collectif à l’échelle des Laurentides », a-t-il affirmé lors de la présentation.
Dans un contexte de croissance de la population permanente et saisonnière, la protection des ressources naturelles représente un enjeu important pour les collectivités de la région, qui doivent aussi planifier leur développement.
31 actions à suivre d’ici 2031
Au-delà des objectifs environnementaux, le plan prévoit des mécanismes pour suivre la mise en œuvre des mesures annoncées. Les 31 actions portent notamment sur la conservation des milieux naturels, la réduction des sources de pollution, la protection des bandes riveraines et l’amélioration des connaissances sur les secteurs vulnérables aux inondations.
Émy Labonté-David, coordonnatrice à l’environnement et au développement durable de la Ville de Saint-Sauveur, insiste sur le suivi prévu pour chacune des mesures.
« Ce ne sont pas seulement des bonnes intentions. C’est 31 actions à mettre en œuvre d’ici 2031. Chaque action est accompagnée d’un indicateur de suivi, d’un échéancier et des responsables », a-t-elle souligné.
L’enjeu sera de traduire ces engagements en interventions concrètes et de les intégrer à la planification municipale. Le suivi prévu doit permettre de mesurer l’avancement des mesures, plutôt que de limiter la démarche à des objectifs généraux.
Une approche à reprendre ailleurs?
La collaboration entre municipalités, organismes environnementaux, associations de lacs et citoyens a également été mise de l’avant lors de la présentation.
Pour Mélanie Lauzon, l’expérience de Saint-Sauveur pourrait servir de référence à d’autres collectivités qui souhaitent mieux comprendre les liens entre l’aménagement du territoire et la protection de l’eau.
« Cette collaboration fructueuse trace la voie et nous espérons que cet exemple inspirera d’autres sous-bassins versants et d’autres municipalités », a-t-elle déclaré.
La portée de cette démarche dépendra maintenant de la réalisation des actions prévues et de leur suivi d’ici 2031. Reste à voir si cette approche sera adoptée ailleurs dans les Laurentides. Le plan établit néanmoins une approche structurée pour aborder conjointement la gestion de l’eau, la conservation des milieux naturels et les choix d’aménagement.

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