Dans une lettre remise à Mme Coulombe et signée par Luc Leblanc, président du Parti Sauverois, et Luc Martel, maire de Saint-Sauveur, il est indiqué que « le lien de confiance nécessaire au fonctionnement de notre équipe est maintenant rompu ». On lui reproche également d’avoir employé un ton qui crée des tensions au sein du conseil et qui ne favoriserait pas le dialogue.
Sophie Coulombe ne cache pas sa déception. Quelques jours après avoir été exclue du Parti Sauverois, la conseillère municipale de Saint-Sauveur affirme vouloir prendre le temps d’observer la suite des choses avant de décider si elle pourra continuer à jouer un rôle utile au sein du conseil.
« Mon but premier, c’est de servir la communauté », résume-t-elle.
« Je ne suis pas là pour dire oui à tout »
Pour Sophie Coulombe, le désaccord avec ses collègues ne date pas d’un seul dossier. Dès son arrivée en politique municipale, elle dit avoir expliqué qu’elle accepterait de se rallier lorsque les enjeux lui semblaient compatibles avec ses valeurs, mais qu’elle exprimerait son opposition lorsqu’elle était profondément en désaccord.
« C’est ma personnalité de creuser chaque côté, de regarder tous les côtés d’une médaille, de mettre en question toutes les possibilités, bonnes ou pas bonnes. »
Parmi les dossiers qui ont cristallisé ses divergences avec la majorité figure le projet de 26 logements au 389, rue Principale, en plein centre-ville, qui a soulevé la colère de près de 800 personnes.
Mme Coulombe précise qu’elle n’est pas opposée au développement résidentiel ni au principe de construire des logements, mais que son opposition porte plutôt sur l’emplacement et sur l’intégration du projet au cœur du village. Selon elle, les citoyens rencontrés pendant la campagne électorale avaient exprimé le souhait de préserver le caractère du noyau villageois.
« Le message, ce n’est pas “pas de logements”, précise-t-elle. Le message, c’est “pas de logements à quatre étages sur la rue au cœur du village”. »
Elle dit également avoir été préoccupée par l’importance accordée aux dérogations mineures dans certains dossiers d’urbanisme, en rappelant que son rôle est de voir si le projet est conforme et s’il s’agit d’un atout pour la collectivité.
Des votes qui ont laissé des traces
Mme Coulombe revient également sur plusieurs votes où elle s’est retrouvée en dissidence, notamment concernant le projet immobilier et l’aide accordée au Musée du patrimoine et du ski de Saint-Sauveur.
Dans le cas du musée, elle affirme ne pas être contre le principe d’aider les organismes locaux. Elle questionne plutôt la façon dont l’aide a été structurée et estime que la Ville doit appliquer les mêmes principes aux différents organismes.
« Si on ne le fait pas pour les autres organismes, on ne peut pas le faire pour un autre organisme pour que ça fasse du sens dans son ensemble. »
Rétrospectivement, elle cite aussi le dossier du financement de la Chambre de commerce et le budget municipal comme exemples d’un processus dans lequel elle aurait souhaité davantage de clarté.
« Avoir su, je n’aurais pas voté en faveur, mais en début de mandat, on doit adopter un budget et [c’est difficile de le refuser] », dit-elle.
La Ville de Saint-Sauveur n’a pas donné suite à la demande d’entrevue adressée au maire Luc Martel.

MOTS-CLÉS
Saint-Sauveur
Sophie Coulombe
Parti Sauverois
Conseil municipal de Saint-Sauveur