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Tarifs américains de 50 % : Ottawa et le Québec ripostent

Photo Benoit Bilodeau – Les conséquences des tarifs américains de 50 % pourraient se faire sentir auprès de plusieurs entreprises québécoises et canadiennes.

Tarifs américains de 50 % : Ottawa et le Québec ripostent

Publié le 27/08/2026

Les droits de douane américains de 50 % visant une série de produits canadiens sont entrés en vigueur dans la nuit du 21 au 22 août, après l’échec des négociations entre Ottawa et Washington.

Le Canada entend riposter en imposant à son tour des tarifs sur certains produits américains à compter du 8 septembre.

La guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis a franchi un nouveau cap alors que le premier ministre Mark Carney a décidé de mettre fin aux discussions, estimant que les changements proposés à la dernière minute par Washington étaient « inéquitables » et ne représentaient pas une solution viable pour le Canada.

Ottawa entend maintenant riposter en imposant des tarifs équivalents, « au dollar près », sur certaines importations américaines, selon le premier ministre.

Site industriel boisé avec cheminée orange, conduits métalliques et palettes empilées devant un hangar gris
Photo Phoeby Laplante – Les conséquences des tarifs américains de 50 % pourraient se faire sentir auprès de plusieurs entreprises québécoises et canadiennes.

Tim Watchorn appuie la position de Carney

Le député libéral de Pays-d’en-Haut, Tim Watchorn, estime que Mark Carney a pris la bonne décision en refusant d’accepter les concessions demandées par Washington, notamment sur l’affichage du français sur les étiquettes destinées aux consommateurs et l’abandon de la gestion de l’offre.

Le député reconnaît toutefois que l’imposition de nouveaux tarifs aura des conséquences pour les entreprises canadiennes.

« Cela fera mal aux entreprises ici, mais le gouvernement a des mesures prêtes pour aider les entreprises à traverser cette vague », explique M. Watchorn.

Selon lui, les droits de douane constituent ultimement une taxe qui sera assumée par les consommateurs et les entreprises américaines.

« Les tarifs sont essentiellement une taxe sur les Américains, et à terme, ils comprendront que ce n’est pas une bonne manière d’améliorer l’accessibilité », soutient-il.

Le député estime également que la situation politique aux États-Unis pourrait éventuellement modifier le rapport de force dans les négociations, notamment à l’approche des élections de mi-mandat, afin de diminuer la dépendance à l’économie américaine.

Le Bloc Québécois attribue le mérite au Québec

De leur côté, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, et le député de Rivière-du-Nord, Rhéal Fortin, adoptent une position beaucoup plus critique envers le gouvernement fédéral et refusent de présenter Mark Carney comme le seul responsable du refus d’une entente avec Washington.

« Ce n’est pas Mark Carney qui a sauvé l’économie et l’identité du Québec en disant non à Donald Trump, affirme-t-il. C’est le Québec de façon très consensuelle qui a refusé l’entente que Mark Carney négociait », soutient M. Blanchet.

Le chef bloquiste estime qu’une telle entente aurait pu avoir des conséquences économiques importantes à long terme et « aurait coûté extraordinairement cher dans le temps parce que ça devient permanent ».

« Les tarifs que le Canada va imposer devraient être utilisés pour indemniser les entreprises et les travailleurs québécois et canadiens qui vont subir les conséquences de ces tarifs-là », dit-il.

La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a pour sa part annoncé deux programmes d’aide destinés aux entreprises touchées par les tarifs américains. Le premier vise les PME dont le chiffre d’affaires se situe entre un et deux millions de dollars, tandis que le second cible les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse deux millions de dollars.