S’il réaffirme clairement l’appui du Bloc à la mise en place d’un TGV, il critique sévèrement la manière dont Ottawa et la société Alto envisagent le corridor ferroviaire.
Un appui au TGV, mais pas à n’importe quel prix
« On pense que ça en prend un, un TGV », affirme le député. À ses yeux, un train à grande vitesse constitue un outil de développement économique important, comparable aux réseaux déjà bien implantés en Europe. Toutefois, les méthodes pour y parvenir doivent être faites dans les règles de l’art pour éviter que « le passé [soit] garant de l’avenir ».
Rhéal Fortin reconnaît qu’un projet d’une telle ampleur entraînera inévitablement des expropriations. « C’est sûr qu’il y a des terres qui vont être expropriées, et on comprend ça, dit-il. Toutefois, ces démarches doivent se faire dans le respect des citoyens, avec des consultations transparentes et une planification rigoureuse ».
Ce qu’il remet en question, c’est l’ampleur du corridor réservé par Alto : environ 1 000 kilomètres de long, entre Québec et Toronto, sur une largeur pouvant atteindre 10 kilomètres.
« Sur 10 kilomètres de large, tu en rentres du monde là-dedans », lance-t-il. Fermes, bungalows, chalets et commerces se retrouvent ainsi pris dans une zone d’incertitude prolongée. « Essayez donc de revendre un bungalow ou une ferme située dans ce couloir, ou de contracter une hypothèque ».
Selon lui, les propriétaires deviennent « prisonniers » du délai que prendra le promoteur avant d’arrêter un tracé définitif.
Tim Watchorn : une reconnaissance nécessaire et un projet structurant
De son côté, le député libéral des Pays-d’en-Haut, Tim Watchorn, adopte un ton plus conciliant envers l’approche fédérale. Ingénieur civil de formation et ancien maire, il affirme bien connaître Mirabel et son territoire. « J’ai travaillé sur les routes, les aqueducs, j’ai rencontré les gens sur le terrain », explique-t-il.
Concernant la motion sur les expropriés, il souligne le travail effectué au sein du caucus libéral du Québec pour obtenir l’appui unanime. « Les gens de Mirabel méritent ça », dit-il, estimant que la reconnaissance du tort était une étape nécessaire.
Pour lui, les grands projets fédéraux sur le territoire québécois doivent s’inscrire dans une vision collective. Il voit dans le TGV un projet structurant qui peut bénéficier aux régions, à condition qu’il soit mené de manière responsable.
Rappel
Entre 1969 et 2004, ce sont 3 000 familles de Mirabel qui ont dû abandonner leurs terres au profit de la construction de l’aéroport de Mirabel.

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