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Le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord (SERN) éprouve des difficultés avec son bâtiment situé à l’angle des rues Fournier et Léopold-Nantel. Syndicat.jpg Photo Mychel Lapointe

Un terrain contaminé a vidé leur fonds de grève: les enseignants de la CSRDN dans l’eau chaude

Mathieu Locas

Les enseignants de la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord sont dans un cul-de-sac. Depuis quelques années, une large partie de leurs cotisations syndicales sert à mener une bataille contre la COOP Novago, les anciens propriétaires du bâtiment où ils sont propriétaires, ainsi que leur voisin Éric Gauthier, pour une histoire de terrain contaminé.

Selon ce qu’a appris Infos Laurentides, même le fonds de grève a fondu comme neige au soleil. Jusqu’ici, 1,3 million de dollars ont été dépensés en décontamination, dynamitage et reconstruction. La facture va encore grimper parce que la bataille devant les tribunaux ne fait que commencer.

Vente à l’eau

Selon les documents de la poursuite, l’affaire a débuté le 26 août 2013, quand le Syndicat de l’enseignement de la Rivière-du-Nord (SERN) a décidé de vendre son bâtiment situé à l’angle de Fournier et Léopold-Nantel.

Un an plus tard, il recevait une offre de 330 000 $ de Gilles Lafleur CPA.

Les normes de vente de bâtiments commerciaux forcent maintenant les propriétaires à faire inspecter le terrain et la structure pour détecter la présence possible de contaminants ou d’amiante.

C’est là que ça s’est gâté.

Après avoir prélevé quelques «carottes» dans le sol, sur la partie arrière du bâtiment, le syndicat s’est rendu à l’évidence qu’il fallait détruire une partie de la structure pour décontaminer le sol. Une source affirme: «quand la pépine a commencé à creuser, ça sentait l’essence à plein nez»

Des réservoirs

Les travaux de décontamination ont permis de découvrir qu’il y a déjà eu cinq réservoirs d’une capacité totale de 38 000 gallons. Selon la poursuite, ces réservoirs contenaient de l’essence, de l’huile et du diésel. À l’époque, ces terrains appartenaient à la Coopérative Agricole de la Rivière-du-Nord, qui a changé de raison sociale depuis ce temps pour devenir la COOP Novago. Celle-ci regroupe, entre autres, les bannières Sonic, la COOP fédérée, ainsi que BMR.

Dans sa demande introductive d’instance, l’avocat du syndicat rappelle également un incendie survenu en mai 1972, à la suite d’un important déversement de pétrole.

Selon la Une de l’Écho du Norddu 10 mai 1972, le quartier a frôlé la catastrophe en raison de l’écoulement de 700 à 800 gallons d’essence «jaune» dans les puisards de la ville. Des résidences de la rue Labelle, situées à quelques centaines de mètres de là, avaient été endommagées par un incendie. C’est dire l’importance du déversement.

David vs Goliat

Dans la poursuite, le syndicat réclame un peu plus de 327 000 $, après avoir tenté de s’entendre à l’amiable avec la partie défenderesse. Cette dernière a demandé un rejet de la cause, via une demande introductive d’instance, évoquant un délai de prescription dépassé. Elle estime que le syndicat des enseignants a trop tardé avant d’entreprendre des démarches.

Prudence

En réaction, les deux parties demeurent prudentes.

«C’est certain que nous devons défendre nos membres. Pour le reste, on préfère attendre avant de commenter»,souligne le président du SERN Christian Aubin.

Dans le cas de la COOP Novago, la réponse a tardé à venir.

Après trois jours d’attente, la directrice des communications Valérie Ouellet a écrit «compte tenu que ce dossier est présentement en cour, nous ne pouvons commenter celui-ci».

Les deux parties vont croiser le fer au palais de justice de Saint-Jérôme les 16 et 17 avril prochain, pour débattre du délai de prescription. Si le juge accorde le droit au syndicat de poursuivre, la bataille risque de se dérouler devant les tribunaux pendant plusieurs mois.

 

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