Selon les données du projet SAVIE LGBTQ, près du quart des personnes LGBTQ+ auraient subi des pressions ou des tentatives visant à modifier leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.
Dans le cadre de sa tournée « Les thérapies de conversion, c’est un crime, pas de l’aide! », la Fondation Émergence fera un arrêt à Sainte-Agathe-des-Monts le 23 mars afin de mieux faire connaître l’interdiction de ces pratiques et de soutenir les personnes appelées à intervenir auprès des victimes.
« Le plus important, c’est de se sensibiliser et d’accepter que nous pouvons tous avoir des biais ou des préjugés envers les minorités sexuelles et de genre », explique Julien Rougerie, formateur et spécialiste de contenu à la Fondation Émergence. « Même les personnes LGBTQ+ peuvent en avoir intériorisé. Le problème n’est pas d’en avoir, mais de refuser d’en prendre conscience. L’ouverture et l’humilité restent essentielles. »
Une formation destinée aux intervenants
Lancée en 2025, la tournée se déploie dans l’ensemble des régions administratives du Québec. Elle vise à sensibiliser le grand public, mais surtout les professionnels des secteurs de la santé, des services sociaux, des forces de l’ordre et du milieu judiciaire. L’objectif est également d’outiller les intervenants afin qu’ils puissent reconnaître ces situations et intervenir adéquatement.
Selon le directeur général de la fondation, Laurent Breault, il demeure essentiel de mieux informer la population et les intervenants. « Bien que les thérapies de conversion soient officiellement interdites et considérées comme criminelles, les victimes et le grand public ignorent souvent leur statut légal », souligne-t-il par communiqué. « Ces pratiques cherchent à nier l’identité des personnes LGBTQ+ en tentant de changer leur orientation sexuelle, leur identité ou leur expression de genre. Cela cause des souffrances profondes, souvent invisibles, mais bien réelles. Il est urgent d’agir. »
Des pratiques encore présentes
Un rapport de l’Organisation des Nations unies indique que près de la moitié des pratiques de conversion surviennent dans un contexte médical ou psychologique (45,8 %), tandis qu’environ 19 % ont lieu dans un cadre religieux ou spirituel.
« Pendant longtemps, la diversité sexuelle et de genre a été pathologisée dans le domaine médical. Être une personne trans, par exemple, a été considéré comme une maladie jusqu’en 2013 », rappelle Julien Rougerie. « Aujourd’hui, tenter d’orienter une personne pour qu’elle devienne hétérosexuelle ou cisgenre peut constituer une thérapie de conversion au sens criminel du terme. »
Les conséquences pour les personnes qui subissent ces pressions peuvent être graves : troubles anxieux, stress post-traumatique, dépendances ou idéations suicidaires figurent parmi les effets documentés.
Depuis plus de vingt ans, la Fondation Émergence mène diverses actions pour favoriser l’inclusion des personnes LGBTQ+ au Québec. L’organisme est notamment à l’origine de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie et organise également le Gala Émergence.
Les personnes intéressées peuvent s’inscrire à la formation dans le cadre de la tournée 2026 de la Fondation Émergence.
L’inscription pour la formation est disponible au En finir avec les thérapies de conversions – Tournée 2026 .

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Laurent Breault