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X suce Y… presque la fin

MATHIEU LOCAS

Le 14 janvier 2020, je vous racontais l’histoire de ces deux enseignants d’une école secondaire de Saint-Jérôme, victime d’un geste qui a porté atteinte à leur réputation. L’histoire avait rapidement fait le tour de la province. Même l’animateur de radio Bernard Drainville a traité le dossier. Il nous avait reçus, le président du syndicat Christian Aubin et moi, sur les ondes du 98,5FM.

Rappelons les faits. Peu avant le temps des fêtes 2019, un élève, à l’époque âgé de 18 ans, se rend au Carrefour du Nord, dans un kiosque d’impression de vêtements. Il fait apposer la photo d’un de ses enseignants sur le devant d’un t-shirt. Au-dessus de la photo, il fait inscrire le nom de famille d’un autre prof masculin ainsi que le mot «suce». De retour à l’école, trois autres élèves de 15 ans ont aussi des exemplaires du fameux gaminet. En classe, un des enseignants impliqués constate que ça rigole fort dans un coin.

Le jeune homme de 18 ans s’amusait à relever son survêtement dès que l’enseignant avait le dos tourné afin que ses amis puissent voir le fameux t-shirt. Quand le prof s’est rendu compte du stratagème, l’élève a pris la porte. Les quatre élèves ont ensuite été suspendus pour trois jours. Les enseignants étaient choqués. Une quarantaine d’entre eux a pris part à une réunion syndicale d’urgence. Ils ne se sentaient pas appuyés par la direction de l’école et encore moins par la direction de la Commission scolaire qui ne voulait pas que le plus âgé termine son année scolaire à la formation aux adultes.

Le 2 avril 2020, j’ai publié la suite de l’histoire, à l’effet que le jeune homme de 18 ans avait accepté un règlement hors cour. L’entente est confidentielle, mais j’ai récemment su qu’il a fait une série de chèques pour un montant total qui se situe dans une fourchette entre 1 000$ et 5 000$. Au moment du règlement avec l’élève majeur, les parents des jeunes mineurs n’avaient pas répondu à la mise en demeure. Un peu plus de 14 mois plus tard, le dossier est sur le point de se régler. Les parents de deux des trois élèves ont réglé hors cour, pour un montant similaire. Cependant, ça branle dans le manche pour le troisième.

En fait, les parents sont prêts à payer, toujours dans la même fourchette de prix, mais le syndicat veut aussi se faire rembourser les frais juridiques encourus. Si les parents ne paient pas ces frais, tout ce beau monde va se trouver devant les tribunaux.

Certains vont dire : «Pour quelques milliers de dollars, pourquoi le syndicat décide d’engorger les tribunaux».

À cela, je réponds : bravo au syndicat d’engorger les tribunaux pour une affaire semblable. Si le dossier peut faire jurisprudence, ça sera le début d’un rempart pour les enseignants du Québec qui emprunteront la même voie dans le futur. La cause devrait être entendue d’ici la fin septembre.

Petite précision avant de conclure. Ces démarches devant les tribunaux touchent un seul des enseignants. Pour l’autre, la secousse, sur le plan personnel, a été trop lourde pour risquer de la revivre devant un juge.

Encore une fois, je m’adresse aux dirigeants du Centre de services scolaire de la Rivière-du-Nord. Je n’ai pas parlé aux enseignants concernés ce qui veut donc dire que leur serment de profession a été respecté. Je tiens à le préciser à nouveau puisque pendant quelques années, au tournant des années 90, j’ai occupé un emploi d’étudiant en compagnie d’un des profs impliqués ainsi que l’une des têtes dirigeantes du centre de services scolaire.  Le lien pourrait être facile à faire mais il n’y a pas de lien à faire.

Je demeure disponible à mathieu.locas@hotmail

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