Le résident de Saint-Sauveur a ouvert les portes de sa résidence-atelier au public les 13 et 14 juin lors d’un vernissage.
Pendant des décennies, François Fillion a exploré plusieurs univers, des arts plastiques à la coiffure, en passant par les voyages.
« Aujourd’hui, à 65 ans, je veux l’assumer réellement. C’est comme s’il y avait quelque chose qui m’avait empêché d’assumer cette partie-là de moi toute ma vie », confie-t-il.

Entre l’art et la chimie
Très jeune, François Fillion découvre ses passions pour les arts plastiques et la chimie, deux passions qui semblent opposées, mais qui se rejoignent.
« Je voulais être professeur d’arts plastiques. J’aimais beaucoup les arts, mais je voulais aussi m’en aller en chimie, raconte-t-il. J’aimais cette idée de transformation de la matière. »
La vie l’amène toutefois vers la coiffure, une profession qu’il exercera pendant plusieurs années sans jamais délaisser sa créativité.
Parallèlement, François Fillion a développé un goût marqué pour les voyages.
« Les couleurs folkloriques de chaque pays sont différentes, explique-t-il. Il y a des couleurs qui, chez nous, ne vont pas ensemble, mais ailleurs, c’est une expression naturelle. Ça s’est imprégné en moi. »

Transformer l’épreuve en création
Son parcours est également marqué par des épreuves importantes, dont une rencontre déterminante avec Marcel Faubert, un artiste coiffeur et peintre, qui a influencé durablement sa pratique. Celui-ci l’a initié à une approche plus intuitive et gestuelle de la peinture. Après avoir été en relation amoureuse avec lui pendant cinq ans, jusqu’à son décès, François Fillion se réfugie davantage dans la création.
Aujourd’hui, l’artiste décrit sa démarche comme intuitive et fantaisiste, mêlant acrylique, peinture vitrail, mortier, verre, bijoux et différentes textures. L’artiste ne sait jamais comment son œuvre va finir, en laissant sa main guider plutôt que sa tête.
« Je fais confiance à mon corps plus qu’à mon esprit. Mon mental veut aller à une certaine place, mais ça ne fonctionne pas toujours. Maintenant, je me laisse guider comme un enfant qui joue ».
Partager la créativité
Depuis une dizaine d’années, François Fillion expose plus régulièrement lors de symposiums, de vernissages et d’expositions collectives. Il anime également des ateliers créatifs.
Son objectif : aider les participants à renouer avec leur potentiel créatif grâce à des ateliers destinés aux résidents de résidences pour aînés.
« Le principal objectif, c’est qu’ils créent une œuvre dont ils sont fiers, dit-il. Ça peut être un souvenir de voyage, un mariage, une photo de famille. Quelque chose qui leur ressemble ».

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