Publié en version numérique suite au quatrième anniversaire du conflit, ce recueil propose une lecture intime et humaniste d’une guerre toujours d’actualité, dans la continuité de ses quatre précédents livres sur l’Ukraine, soit : Lauriers pour l’Ukraine, Anathema sur l’usurpateur, Déconfiture des escobars et Paix ensanglantée.
« Je me suis grouillé pour que ce soit en février, parce que c’est le mois sacré », confie l’écrivain, en référence au 24 février 2022, date de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Une polyphonie au cœur du chaos
Construit en treize monologues, l’ouvrage donne voix à des figures humaines comme des soldats et des médecins, mais aussi à des objets du champ de bataille, comme des casques, drones, chars d’assaut, arbres et champs de blé. Le but de cette approche, selon M. Anton, est de « créer un chœur tragique où la guerre s’exprime à travers tout ce qu’elle touche ».
« Tout le monde a droit de parole. Les objets inclus », affirme Bernard Anton. « La matière est vivante. Il faut donc lui donner le droit de parole ».
À travers les monologues de « témoins de la guerre », l’auteur explore la violence et la déshumanisation du conflit, la peur omniprésente, mais aussi le courage fragile qui anime ceux qui résistent. Il cherche à démontrer l’absurdité de la guerre par la personnification des armes, tandis que la nature, meurtrie mais vivante, devient un symbole de résilience.
Une œuvre engagée et humaniste
Plus qu’un simple regard sur la guerre, le livre se veut une réflexion sur la condition humaine. Fidèle à son approche, Bernard Anton revendique une écriture centrée sur l’humain et son devoir de « dire ce que les autres ne peuvent pas dire ».
« Je ne peux pas faire la guerre… mais ma plume, elle est mitrailleuse », s’exclame-t-il.
Empêché de s’engager sur le terrain comme bénévole pour des raisons de santé, l’auteur a choisi la littérature comme forme d’action. Pour lui, les mots deviennent mémoire et témoignage : « Les écrits, ça reste. »
La voix des générations futures
L’ouvrage se distingue également par l’ajout de deux lettres, introduisant la voix d’une enfant victime de la guerre. Une manière de redonner une place à la jeunesse dans un univers dominé par la destruction.
« Un enfant, par définition, c’est sans filtre… Elle écrit ce qu’elle veut », explique-t-il.
Cette correspondance fictive entre une enfant et une forme d’absolu vient clore le recueil sur une note à la fois spirituelle et universelle. À travers cette œuvre, Bernard Anton lance un appel clair, notamment aux jeunes générations.
« Vous héritez d’une planète… vous êtes capables de former une force pour surmonter ça. Le flambeau de la paix, il est en vous. »
Dans un monde marqué par la multiplication des conflits et une certaine fatigue face à l’actualité, Au bord de la rupture, l’espoir se présente comme une œuvre engagée, où la poésie devient un acte de résistance.

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