À la fin du 19e siècle et au début du 20e, le chemin de fer joue un rôle important dans l’occupation du territoire. Plusieurs villages se développent progressivement autour des gares, qui deviennent des lieux centraux pour les commerces, les auberges et les activités économiques. Selon Chantal Ladouceur, architecte paysagiste et chargée de développement récréatif à la MRC des Pays-d’en-Haut, le train a fortement marqué l’histoire régionale. « Le train a vraiment structuré les Laurentides à la fin des années 1800 puis au début des années 1900 », explique-t-elle.
L’ancienne voie ferrée contribue aussi à l’essor touristique de la région. Dès les années 1920, des visiteurs se déplacent vers les Laurentides pour le ski et la villégiature. Les gares deviennent alors des lieux animés où transitent voyageurs, marchandises et travailleurs.
Avec les années, le transport ferroviaire perd toutefois de l’importance. Le développement du réseau routier et l’arrivée de l’automobile modifient progressivement les habitudes de déplacement. Plusieurs intervenants régionaux commencent alors à réfléchir à l’avenir de l’emprise ferroviaire.
La transformation du tracé en parc linéaire ne fait cependant pas consensus au départ. Certaines personnes souhaitent conserver le rail actif, alors que d’autres doutent de la viabilité du projet.
Malgré ces réticences, plusieurs municipalités et organismes régionaux finissent par soutenir la reconversion de l’ancienne voie ferrée. Cette mobilisation permet notamment de préserver certaines infrastructures importantes, dont plusieurs ponts du parcours.
Maurice Couture, consultant en tourisme impliqué depuis longtemps dans le développement du parc, se souvient d’un moment marquant durant les discussions entourant le démantèlement du corridor ferroviaire.
« On a appris que le démantèlement commençait et que les ponts faisaient partie des structures qui devaient être retirées, raconte-t-il. Il a fallu intervenir rapidement parce qu’un parc linéaire sans les ponts aurait perdu une grande partie de son intérêt. »
Aujourd’hui encore, plusieurs traces de l’époque ferroviaire demeurent visibles le long du parcours. Certaines gares originales existent toujours, alors que d’autres ont été reconstruites afin de préserver le patrimoine régional.
Au fil des ans, le parc a évolué bien au-delà de sa fonction historique. Le corridor attire maintenant des visiteurs de plusieurs régions, mais aussi des citoyens qui l’utilisent au quotidien.
Trente ans après sa transformation en parc linéaire, le P’tit train du Nord demeure un élément important du paysage et de l’histoire des Laurentides.
