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Photo : Linda Rivest, directrice générale et archiviste de la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord, située à Saint-Jérôme.

La mémoire des Laurentides en péril

Le Gouvernement n’accordera aucune augmentation budgétaire aux services d’archives privées agréés, dont fait partie la Société d’histoire de la Rivière-du-Nord (SHRN). Qui plus est, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) a revu ses programmes et évaluera ces centres sur la base de leur performance, en plus d’abolir le budget de fonctionnement. La directrice générale et archiviste de la SHRN, Linda Rivest, se dit très inquiète pour l’avenir en raison d’un manque systématique de financement.

Selon elle, il s’agit d’un non-sens. « On nous demande de nous autofinancer en offrant des services en archivistique à la population et aux organismes. Mais pendant que nous développons ces activités secondaires pour survivre, nous ne nous concentrons pas sur notre mission première, l’acquisition, le traitement et la diffusion de fonds d’archives. Si on n’a pas de budget de fonctionnement, comment peut-on être performant ? », déplore-t-elle.  Rappelons que la SHRN, l’un des deux centres agréés des Laurentides, fait partie depuis son agrément en 2014 des sept centres qui n’ont jamais reçu d’argent.

Les chiffres

D’après le Regroupement des services d’archives privées agréés du Québec (RSAPAQ), des 32 services d’archives privées subventionnés qui existent actuellement, au moins sept perdront leur aide financière, réduisant leur nombre à 25. Sans parler de l’abolition de la subvention de base de 15 000 $ accordé à chacun des services. Par ailleurs, le soutien pour du traitement d’archives où 50 centres seront en compétition pour présenter des projets (dont de gros centres comme le Musée McCord ou le Centre canadien d’architecture de Montréal) passe de 159 800 $ à 254 300 $.

Répercussions désastreuses

« Même si nous ne sommes pas en état de panique nous sentons que c’est de plus en plus difficile », confie Mme Rivest. Selon le RSAPAQ, plusieurs services d’archives agréés pourraient fermer dans les prochains mois et les prochaines années. « Des archives accumulées en région depuis plusieurs décennies seraient alors transférées dans les grands centres urbains et des histoires d’individus, de familles et d’organismes pourraient disparaître à jamais », craint-elle.

Le Regroupement a demandé de nouvelles rencontres avec BAnQ. Un sondage réalisé auprès des agréés démontre qu’il y a consensus sur le fait que ce programme n’est pas adapté à la réalité. Il veut s’asseoir avec BAnQ et demander que le programme soit révisé. « Il faut qu’un réinvestissement soit fait dans notre mémoire collective. On réussit à survivre, mais on passe notre temps à grappiller des subventions, c’est beaucoup d’énergie.  On aimerait se concentrer sur notre mission. La disparition de l’organisme constituerait un désastre sur le plan patrimonial, en plus de mener à l’abolition de deux emplois spécialisés en archives historiques en région », conclut la directrice générale.

Notez que selon les résultats du sondage indique que les centres sont majoritairement en faveur (75 %) d’une répartition égale des subventions entre les différents agréés afin de ne pas être mis en compétition. 100 % des répondants se sont montrés en faveur du maintien d’un montant de base.

 

 

 

 

 

 

 

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