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Nikamu Mamuitun : la musique comme pont entre les cultures

Photo : Olivia Cyr (Courtoisie)

Spectacle à Sainte-Agathe
Des voix qui rapprochent les cultures

Nikamu Mamuitun : la musique comme pont entre les cultures

Publié le 15/10/2026

Le 8 octobre dernier, le collectif Nikamu Mamuitun a joué au théâtre Le Patriote, à Sainte-Agathe-des-Monts.

Depuis une dizaine d’années, il poursuit un objectif : rapprocher les artistes autochtones et allochtones.

Sorti le 13 février dernier, l’album Mamowi, Ensemble de Nikamu Mamuitun est né de la rencontre entre Mimi O’Bonsawin, artiste abénakise de l’Ontario, Sandrine Masse, artiste wendat, Pako et Ivan Boivin-Flamand, tous deux atikamekw de Manawan, ainsi que Willows, artiste métisse de la Rivière Rouge, au Manitoba. À leurs côtés figurent les artistes allochtones Mariko, de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, Velours Velours de Sainte-Anne-des-Monts à Trois-Rivières, Guillaume Arsenault, de la Gaspésie, et Luan Larobina, artiste latino-gaspésienne de Douglastown. Tous forment la deuxième cohorte de Nikamu Mamuitun.

Sur une scène sombre, plusieurs artistes chantent au micro, entourés de guitares, claviers et lumières bleues
Photo Olivia Cyr

Cinq jours pour créer un album

La musique comme terrain de rencontre. C’est autour de cette idée que s’articule Nikamu Mamuitun, un collectif dont le nom signifie « chansons rassembleuses ». Avec deux nouvelles pièces qui viennent enrichir son répertoire, le groupe poursuit une démarche artistique fondée sur l’ouverture, la collaboration et la découverte de l’autre.

Lors de la résidence de création au Studio B-12, à Valcourt, les artistes disposaient de cinq jours pour écrire les chansons qui allaient constituer le deuxième album du collectif.

Un échéancier particulièrement serré, qui aurait pu compliquer les choses. Pourtant, selon Velours Velours, cette contrainte a contribué à créer une dynamique favorable à la création.

« On est devenu rapidement super proches », raconte-t-il, en évoquant les liens qui se sont tissés entre les participants.

« Au début, ça m’a refroidie, mais finalement, cette fièvre de création a aidé à créer des liens. Ça a été un bain d’eau froide, mais ça l’a aidé à créer des liens », explique Sandrine Masse.

Le fait de se retrouver ensemble dans un même lieu, avec un objectif commun et du temps consacré exclusivement à la musique, a permis aux artistes de développer rapidement une complicité. Cette proximité est devenue une source d’inspiration pour les chansons.

« Tout le monde était vraiment dans une bonne énergie de travail. Il y avait beaucoup d’ouverture puis d’accès vers l’autre », explique-t-il.

La résidence a ainsi servi de point de départ à un processus où la confiance et la collaboration ont occupé une place importante. Plusieurs pièces ont vu le jour, comme « Ki Pakitam on A » et « Yatsihsta’ ».

Sur une scène de concert sombre, deux musiciens jouent de la guitare près d’un micro, sous des lumières bleues
Photo Olivia Cyr

Faire vivre les langues et les cultures

La démarche de Nikamu Mamuitun s’inscrit dans une volonté de favoriser les rapprochements entre les peuples autochtones et allochtones. La présence de plusieurs nations autochtones dans cette deuxième cohorte permet également d’élargir les perspectives et les réalités représentées au sein du projet.

Au-delà de la rencontre artistique, Nikamu Mamuitun participe également à une réflexion plus large sur la place des cultures et des langues autochtones dans l’espace public.

Pour Sandrine Masse, le choix de réunir de jeunes artistes pour incarner le groupe vient d’un besoin de transmission des langues, de traditions et de façons de raconter le monde sur le long terme.

« Les langues autochtones sont en danger, en déclin. C’est dans un souci de montrer l’exemple que la jeunesse doit porter le flambeau », exprime-t-elle.

En intégrant différentes voix et langues à son répertoire, le collectif contribue à leur donner une visibilité auprès de nouveaux auditoires. La musique permet ainsi de faire entendre des expressions culturelles qui ne sont pas toujours présentes dans les circuits musicaux traditionnels.

Chaque spectacle devient une nouvelle occasion de faire découvrir les artistes et leurs univers respectifs, tout en mettant en valeur ce qui les rassemble.

Un collectif appelé à évoluer

Pour Velours Velours, la continuité du projet est importante. Les parcours personnels et professionnels des artistes évoluent, et les engagements peuvent changer au fil des années. Il espère toutefois que l’aventure se poursuivra.

« Moi, ce que j’espère, c’est que ça dure assez longtemps pour qu’il y ait du nouveau monde qui s’ajoute, qu’il y ait une troisième mouture », souligne-t-il.

Cette perspective s’inscrit dans la philosophie même de Nikamu Mamuitun : un collectif qui ne cherche pas uniquement à produire un album, mais à créer des occasions durables de collaboration et de dialogue entre les cultures.

L’album Mamowi, Ensemble est disponible sur les plateformes d’écoute.