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Construction – 200 000 travailleurs, mais toujours une pénurie

Photo Commission de la construction du Québec (CCQ) – Selon la Commission de la construction du Québec (CCQ), plus de 51 129 travailleurs ont été recensés dans la région Laval, Laurentides et Lanaudières.

Construction – 200 000 travailleurs, mais toujours une pénurie

Publié le 19/06/2026

Avec plus de 200 000 travailleurs recensés sur les chantiers en 2025, dont 51 129 dans la région Laval, Laurentides et Lanaudière, l’industrie de la construction a atteint un sommet historique.

Malgré cette croissance soutenue, la Commission de la construction du Québec (CCQ) estime qu’environ 17 000 nouveaux travailleurs devront être recrutés chaque année au cours des cinq prochaines années afin de répondre aux besoins du secteur.

En 2025, l’industrie a enregistré 216 millions d’heures travaillées, dont 55 820 heures dans Laval, Laurentides et Lanaudière. Cette croissance devrait se poursuivre, alors que la CCQ prévoit une moyenne annuelle de 220 millions d’heures travaillées au cours des quatre prochaines années.

« C’est le reflet d’une activité économique extrêmement soutenue, explique Mélanie Malenfant, vice-présidente des communications de la CCQ. On observe de la croissance dans l’ensemble des secteurs, que ce soit le génie civil, l’industriel, l’institutionnel, le commercial ou encore les infrastructures publiques. »

Une pénurie qui persiste malgré les nouvelles recrues

L’an dernier, près de 17 800 nouveaux travailleurs ont intégré l’industrie.

« Nous estimons qu’en moyenne, environ 17 000 personnes devront être recrutées chaque année au cours des cinq prochaines années, souligne Mme Malenfant. Le défi vient notamment du vieillissement de la main-d’œuvre et du roulement naturel dans l’industrie. »

Selon elle, près de 6 % des travailleurs quittent annuellement le secteur, notamment en raison des départs à la retraite. La situation est accentuée par des changements démographiques qui réduisent le bassin de jeunes disponibles pour intégrer les métiers de la construction.

« Nous devons continuer à promouvoir ces carrières auprès des jeunes, mais aussi soutenir davantage les personnes en réorientation professionnelle », affirme-t-elle.

Les grands projets alimentent la croissance

La construction est appelée à jouer un rôle central dans plusieurs priorités gouvernementales, notamment en matière d’habitation, de transition énergétique et d’infrastructures publiques.

Toutefois, l’arrivée simultanée de nombreux projets pourrait accentuer la pression sur le marché du travail.

« Il faudra mieux planifier les travaux et éviter les cycles d’arrêt et de reprise qui compliquent la rétention des travailleurs », indique Mme Malenfant. « Une plus grande prévisibilité permettrait de conserver l’expertise et d’utiliser la main-d’œuvre de façon plus efficace. »

Pour répondre à la demande croissante sans dépendre uniquement du recrutement, l’industrie mise également sur l’innovation et le développement technologique, sans pour autant reléguer l’humain au second plan.

L’intégration de nouvelles technologies pourrait permettre d’améliorer la productivité et de réduire certains retards sur les chantiers, estime-t-elle.

Un changement culturel nécessaire

Au-delà de la pénurie de travailleurs, la CCQ identifie le climat de travail comme un enjeu de rétention dans l’industrie, en luttant contre le harcèlement, l’intimidation et les comportements toxiques.

« Près d’un travailleur sur dix rapporte avoir vécu des situations problématiques sur les chantiers, mentionne Mme Malenfant. Si nous voulons attirer et retenir davantage de personnes, notamment des femmes et des groupes sous-représentés, il faut offrir des milieux de travail respectueux et sécuritaires. »

Selon elle, l’avenir de l’industrie passera autant par l’ouverture à de nouveaux bassins de recrutement que par une transformation de sa culture organisationnelle.

Avec plus de 200 000 travailleurs déjà à l’œuvre et des milliers de postes à combler chaque année, l’industrie de la construction s’impose plus que jamais comme l’un des principaux moteurs économiques du Québec. Reste maintenant à relever le défi de la relève pour soutenir cette croissance historique.