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Domaine des Pays d’en Haut – Prendre la relève, sans perdre sa couleur

Photo : Domaine des Pays d’en Haut

Nicolas Raymond (à gauche) et son père, à la tête du Domaine des Pays d’en Haut, à Piedmont,
poursuivent ensemble le développement de l’entreprise familiale fondée en 1955.

Domaine des Pays d’en Haut – Prendre la relève, sans perdre sa couleur

Publié le 08/11/2026

À 45 ans, Nicolas Raymond est à la tête du Domaine des Pays d’en Haut, à Piedmont, aux côtés de son père.

Entré dans l’entreprise familiale à 14 ans, il a progressivement appris à y faire sa place et à faire valoir sa propre vision. Fondée par ses grands-parents en 1955, l’entreprise est notamment connue pour ses glissades et son érablière.

C’est en 2008 qu’il a officiellement pris la relève de l’entreprise, avec sa sœur, Julie, alors qu’elle était dirigée par son père, Mercier, et son oncle, Constant. Cette année-là, ce dernier a pris sa retraite.

« Le Domaine, c’est ma vie. Mon grand-père a acheté des lots en 1963, puis j’ai racheté la maison de mes grands-parents. Ça allait faire son chemin naturellement pour poursuivre la relève », raconte le copropriétaire, qui est aussi directeur des opérations.

Sa sœur a finalement quitté l’entreprise en 2014 pour « des avenues plus créatives », mais elle reste « liée à l’érablière », ajoute M. Raymond.

Prendre sa place

« Dans les entreprises familiales, on voit souvent le cliché du propriétaire qui a de la misère à lâcher prise. Mon père en fait partie. Il dit souvent que c’est son deuxième chez-soi », raconte l’entrepreneur.

Dans la trentaine, Nicolas ressentait encore le besoin de faire ses preuves. « J’avais besoin de prouver à mon père que j’étais capable de prendre la relève, surtout lorsqu’il partait. Aujourd’hui, les preuves sont faites. Maintenant, c’est plus pour lui montrer jusqu’où nous pouvons aller », confie-t-il.

Le développement des activités a notamment fait ressortir leurs différences de vision. « J’essayais d’avoir des opérations quatre saisons, alors que mon père voulait deux saisons pour avoir une période plus tranquille. Je lui disais souvent : je suis le colibri qui vole parmi les goélands. Quand j’étais plus jeune, j’avais davantage besoin d’amener des nouveautés sur les quatre facettes de la saisonnalité », se rappelle-t-il.

Son père l’a laissé aller. « J’ai apprécié. Avec le recul, il y avait du bon et du moins bon. On est en train de revoir complètement le Domaine dans ses attraits », reconnaît Nicolas. Aujourd’hui, l’entreprise propose quatre attraits : la cabane à sucre, nommée en l’honneur du grand-père, les tours en hélicoptère, le théâtre et les glissades sur tube.

Cette différence de vision se manifeste aussi dans leur gestion quotidienne. « J’aime avoir des listes de tâches de chacun pour avoir une structure définie pour les semaines qui s’en viennent. Ça me permet aussi de faire baisser la pression. Mon père vit mieux avec ça », explique-t-il.

Différents, mais complices

« Il y a quelque chose qui se passe en vieillissant. On se comprend mieux. On devient un peu plus complices comme associés », souligne-t-il.

Depuis plusieurs années, les deux partagent un rituel tous les vendredis. « On va déjeuner. C’est plus pour notre relation père-fils. Mais ces déjeuners, c’est comme un moulin à idées. C’est d’ailleurs comme ça que le bobsleigh est né », illustre Nicolas.

« Mon père a été tellement aimant et présent. Quand j’étais jeune, j’étais toujours celui qui était stand-by pour aller travailler la fin de semaine sur la montagne. C’était très important que je respecte ça. (…) Mais toute cette discipline, mon père a été capable de m’amener où il voulait m’amener pour être une bonne relève », soutient-il.

« On a besoin de sentir qu’on est libre et qu’on est bien. Je parle souvent de bonheur au travail. Quand je regarde le chemin parcouru au fil des années et comment mon père a agi avec moi, c’est ça que je veux transmettre à nos employés et être la bonne relève pour la suite. »